La tenue des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026 continue d’alimenter le débat sur le bilan des investissements publics au Sénégal. Dans un communiqué publié le 1er novembre 2026, l’Association des Sénégalais de la Diaspora, basée en Italie, prend position dans la controverse autour de la dette dite « cachée » et défend les infrastructures réalisées sous l’ancien président Macky Sall.
Rapportée par plusieurs médias sénégalais, la déclaration de l’association salue l’organisation des Jeux et considère les équipements mobilisés comme un héritage national. Elle cite notamment le stade Abdoulaye Wade, la Dakar Arena, le complexe de la Tour de l’Œuf et sa piscine olympique, le stade Léopold-Sédar-Senghor réhabilité, ainsi que le Train express régional (TER) et le Bus rapid transit (BRT).
Pour cette organisation de la diaspora, ces réalisations témoignent d’une politique d’investissement dont les retombées peuvent profiter aux générations futures. Elle attribue leur impulsion à Macky Sall et estime que les infrastructures doivent être appréciées aussi à travers leur utilité pour la population et leur capacité à accueillir de grands événements internationaux.
Dans son communiqué, l’association estime que les réalisations nationales ne devraient pas être systématiquement remises en cause au gré des alternances politiques. Elle salue, dans cette perspective, la reconnaissance exprimée par le président du Comité d’organisation des JOJ, Mamadou Diagna Ndiaye, à l’endroit de l’ancien chef de l’État pour avoir lancé la candidature sénégalaise, mais aussi du président Bassirou Diomaye Faye pour avoir conduit le processus jusqu’à son aboutissement.
L’organisation voit dans cette reconnaissance un exemple de continuité républicaine. Elle considère que les projets d’envergure peuvent être initiés sous une administration et achevés sous une autre, au bénéfice de l’ensemble du pays.
La prise de position intervient alors que le Sénégal reste confronté aux conséquences des révélations sur la sous-déclaration de sa dette publique. Le rapport de la Cour des comptes, publié en février 2025, avait notamment établi qu’à fin 2023, la dette de l’administration centrale atteignait 99,67 % du PIB, contre 74,41 % dans les chiffres précédemment communiqués.
En mars 2025, le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé l’ampleur des révisions des données budgétaires et relevé l’existence de passifs non déclarés, dont des emprunts représentant 25,3 points de PIB. Des responsables du FMI ont par la suite évoqué un montant proche de 7 milliards de dollars de dette non déclarée sur la période concernée. Il convient donc de distinguer ces chiffres des estimations parfois avancées dans le débat public.
Par ailleurs, tous les investissements liés aux infrastructures sportives ne relèvent pas nécessairement d’un financement dissimulé. L’Agence française de développement (AFD) indique, par exemple, avoir accordé un prêt de 80 millions d’euros pour accompagner la rénovation d’infrastructures sportives à Dakar dans le cadre de la préparation des JOJ. Une fiche de projet de l’AGEROUTE précise également la répartition du financement de certains aménagements entre l’AFD et l’État du Sénégal.
Ces éléments montrent que l’examen de la dette doit porter sur les contrats, les engagements financiers, les décaissements et leur inscription dans les comptes publics, et non uniquement sur l’existence ou la visibilité des ouvrages réalisés.
L’association appelle ainsi les acteurs politiques et institutionnels à reconnaître les investissements accomplis sans renoncer à l’exigence de transparence dans la gestion des finances publiques. Elle considère que les difficultés économiques, la pandémie de Covid-19 et les crises internationales n’ont pas empêché le Sénégal de mener à bien l’organisation des Jeux.
Au-delà de la controverse politique, la question centrale reste celle de la pérennisation de cet héritage : entretien des équipements, accès des jeunes aux installations, développement du sport et retombées économiques durables.
La réussite organisationnelle des JOJ et l’utilité des infrastructures constituent des éléments importants du bilan de l’événement. Mais la transparence sur les conditions de financement et le niveau réel des engagements de l’État demeure une exigence distincte, indispensable à la confiance des citoyens et des partenaires financiers.
La Rédaction – Sunuker.net
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