Sunuker News Desk
À dix jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, affiche ses ambitions. Dans un entretien accordé au quotidien national Le Soleil, le chef de l’État présente cet événement comme bien plus qu’une compétition sportive : il veut en faire un levier de développement économique, un instrument de rayonnement international et une occasion de donner une nouvelle perspective à la jeunesse sénégalaise.
Prévue du 31 octobre au 13 novembre 2026, cette édition revêt une portée historique puisqu’elle sera la première organisée sur le continent africain. Environ 2 700 athlètes âgés de 15 à 18 ans sont attendus pour les compétitions réparties entre Dakar, Diamniadio et Saly. Le Sénégal s’apprête ainsi à accueillir des délégations venues du monde entier, avec l’espoir de démontrer sa capacité à organiser un rendez-vous sportif international.
Pour Bassirou Diomaye Faye, la tenue de ces Jeux illustre avant tout la continuité de l’État. Attribué au Sénégal en 2018, le projet a traversé la pandémie de Covid-19, un report et une alternance politique. Le président estime que le changement de majorité ne devait pas remettre en cause un engagement pris au nom de la République. Il défend ainsi une conception de la responsabilité publique selon laquelle les engagements internationaux doivent survivre aux changements de dirigeants.
Cette position répond également à un enjeu d’image. En accueillant les JOJ à la date annoncée, le Sénégal entend démontrer qu’il peut respecter ses engagements, assurer la continuité de ses institutions et tenir son rang sur la scène internationale.
Le chef de l’État ne minimise toutefois pas les interrogations relatives au coût de l’événement. Dans un contexte marqué par les difficultés économiques et les efforts d’ajustement des finances publiques, il reconnaît la légitimité des préoccupations concernant l’utilisation de l’argent public. Il souligne que le financement des Jeux repose en partie sur le Comité international olympique et ses partenaires, tout en mettant en avant les infrastructures, les compétences et les opportunités économiques que le pays pourrait conserver après la compétition.
Le président du Comité d’organisation, Mamadou Diagna Ndiaye, a récemment indiqué que le budget opérationnel du Cojoj s’élevait à 32 milliards de FCFA, financé à hauteur de 60 % par le Comité international olympique et ses partenaires. Ce montant ne doit toutefois pas être confondu avec le coût global des investissements publics liés aux infrastructures et aux aménagements nécessaires. La distinction entre dépenses d’organisation et investissements durables est essentielle pour apprécier correctement la facture des JOJ.
Une ambition économique qui dépasse les quinze jours de compétition
Bassirou Diomaye Faye articule sa vision autour de trois objectifs : renforcer la place du Sénégal dans l’organisation de grands événements, développer une véritable industrie sportive et accroître l’influence du continent africain.
Le premier objectif consiste à faire de Dakar et de Diamniadio des destinations capables d’accueillir régulièrement des compétitions internationales. Le stade de Diamniadio, la piscine olympique et les autres équipements sportifs constituent, à ses yeux, des atouts susceptibles d’attirer de futurs organisateurs et investisseurs.
Mais disposer d’infrastructures modernes ne suffit pas. Encore faut-il les entretenir, les exploiter efficacement et garantir leur accessibilité aux sportifs sénégalais. Le véritable test commencera donc après la cérémonie de clôture, lorsque les projecteurs internationaux se seront éteints.
Le deuxième objectif concerne la transformation du sport en secteur économique à part entière. Le président souhaite encourager la structuration des clubs, la création d’académies, le développement des entreprises spécialisées et l’émergence de nouveaux métiers. Une telle orientation pourrait offrir des débouchés dans l’encadrement, la préparation physique, la médecine sportive, l’organisation des compétitions, la communication, l’équipement et la gestion des installations.
Pour que cette ambition devienne réalité, les autorités devront néanmoins préciser les mécanismes d’accompagnement, les investissements attendus et les objectifs de création d’emplois. L’enjeu est de permettre aux jeunes de vivre de leurs compétences, au lieu de limiter le sport à la passion, au bénévolat ou à quelques carrières professionnelles exceptionnelles.
La jeunesse au cœur du projet
Le président entend également faire des JOJ une source d’inspiration pour les jeunes Sénégalais. Il souhaite que les élèves et les associations puissent assister aux compétitions, découvrir de nouvelles disciplines et rencontrer des sportifs de leur génération venus d’autres pays.
Cette dimension est importante dans un pays où la jeunesse représente une part majeure de la population. Le sport peut contribuer à l’éducation, à la discipline, à la cohésion sociale et à l’ouverture sur le monde. Il peut aussi révéler des talents qui n’auraient pas eu accès aux mêmes opportunités sans des infrastructures adaptées et un accompagnement durable.
Cependant, l’inspiration ne peut remplacer une politique sportive de proximité. Les jeunes des régions et des quartiers populaires auront besoin de terrains accessibles, d’équipements entretenus, d’entraîneurs qualifiés et de compétitions régulières. Le succès populaire des JOJ devra donc se mesurer aussi à leur capacité à améliorer concrètement les conditions de pratique sportive au-delà de Dakar et de Diamniadio.
Le chef de l’État espère par ailleurs que les athlètes sénégalais profiteront de l’avantage de jouer à domicile pour décrocher des médailles. Il veut leur transmettre un message d’ambition et de confiance, sans se contenter d’une participation symbolique.
Un rendez-vous sportif, mais aussi diplomatique
Bassirou Diomaye Faye inscrit enfin Dakar 2026 dans une réflexion plus large sur la place de l’Afrique dans les institutions internationales. Il rapproche l’organisation des Jeux de son plaidoyer en faveur d’une représentation permanente du continent au Conseil de sécurité des Nations unies.
Le raisonnement présidentiel est clair : un continent qui accueille, organise et respecte ses engagements doit pouvoir participer pleinement aux décisions qui concernent son avenir. La tenue des JOJ devient ainsi une vitrine diplomatique, destinée à démontrer les capacités d’organisation et le potentiel économique du Sénégal et, plus largement, de l’Afrique.
Reste que le rayonnement international ne se décrète pas. Il se construit à travers la qualité de l’accueil, la sécurité, la fluidité des transports, la propreté des espaces publics et la capacité des services à répondre aux besoins des visiteurs. Le président a d’ailleurs insisté sur ces aspects pratiques, qui pèseront directement sur l’expérience des délégations et du public.
Au-delà des discours et des cérémonies, Dakar 2026 sera donc jugé sur des résultats tangibles. Les infrastructures seront-elles utilisées durablement ? Les entreprises sénégalaises bénéficieront-elles de retombées pérennes ? De nouveaux emplois seront-ils créés ? Les jeunes auront-ils davantage accès à la pratique sportive ? Et le Sénégal pourra-t-il attirer d’autres événements internationaux ?
L’entretien présidentiel dessine une ambition élevée. Mais la réussite historique des premiers JOJ africains ne se résumera pas à la qualité de l’ouverture du 31 octobre. Elle dépendra surtout de ce que le pays saura construire après le 13 novembre 2026.
Sunuker News Desk
https://youtu.be/SBatwOxOigs?si=9Sym0U56ps2Ilnen
https://youtu.be/jtVcbB1JLvY?si=nL7k9VZTtFnjgs6Z
https://youtu.be/R1FI9AO9zTg?si=680s0FvtWlUE3Iz7
https://youtu.be/5UZbk3HtnIY?si=FxLnMOeQGMms8bDk
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