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Iran: la réalité de la répression se précise

Des vidéos des forces de sécurité iraniennes tirant à bout portant sur des manifestants désarmés ou des corps ensanglantés jonchant le sol émergent chaque jour avec le retour progressif d’internet en Iran. Déclenchées le 15 novembre par l’annonce d’une hausse du prix de l’essence, les manifestations, violentes par endroits, ont été durement réprimées.

Au moins « 208 personnes » ont été tuées dans la répression, a affirmé lundi Amnesty International, précisant que le « bilan réel » est même « vraisemblablement supérieur ». Les autorités iraniennes ont qualifié de « mensonges absolus » ces bilans, ne confirmant la mort que de cinq personnes, quatre membres des forces de l’ordre tués par des « émeutiers » et un civil.

L’une des villes où la répression était, selon de nombreux témoignages, féroce est Mahshar, située dans la province de Khuzestan, dans le sud-ouest du pays. Dans son édition de dimanche 1er décembre, leNew York Times indiquait qu’environ 50 personnes avaient été tuées dans cette ville entre le 16 et le 20 novembre.

« Des mitrailleuses lourdes soviétiques Doushka »

Le groupe des enquêteurs du site d’information Iran Wire, basé aux États-Unis, a été le premier à mener une enquête fouillée auprès de sept sources sur place. Cette enquête publiée sur ce site a été dirigée par Shahed Alavi.

Il confirme à RFI les informations publiées par le New York Times. « Notre enquête est basée sur des déclarations de sept différentes sources avec lesquelles je me suis entretenu, détaille Shahed Alavi. Il en ressort qu’à Mahshar et ses banlieues, Koureh et Jarrahi, la population, qui pour la plupart est d’origine arabe, s’est rassemblée et a bloqué les routes, notamment celles qui mènent à l’installation pétrochimique. Nous avons de nombreux témoignages indiquant que ces blocages n’entrainaient pas de difficultés pour les usagers ; les employés des installations pétrochimiques nous ont confirmé qu’ils avaient pu se rendre sur les lieux de leur travail, sans être gênés par les protestataires. Contrairement à ce que les autorités prétendent, notre enquête montre que ces personnes étaient fermes dans leurs revendications, mais aucunement des émeutiers. Elles ont été réprimées avec violence et, sans que nous puissions savoir pourquoi, on a utilisé contre elles des mitrailleuses lourdes soviétiques Doushka et des mitraillettes. Il est difficile d’avancer avec certitude un chiffre, mais il semble que dans cette ville une cinquantaine de personnes aient perdu leur vie, mais ce bilan n’est pas définitif. »

N'diawar Diop

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