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Hydroxychloroquine: «Le gouvernement, par bêtise ou par corruption, refuse un traitement qui peut sauver des vies»

Oxana Bobrovitch. Sputnik France

Deux mois après son autorisation en France, l’administration de l’hydroxychloroquine pour soigner des patients infectés par le coronavirus est interdite, hors essais cliniques. Nicolas Dupont-Aignan, président du Debout la France, commente ce revirement pour Sputnik.

En France, deux dates marquent des tournants dans l’histoire de la chloroquine: le 26 mars et le 27 mai.

La première est celle de l’autorisation de la prescription de l’hydroxychloroquine et de l’association Lopinavir/Ritonavir contre le Covid-19, par décret signé du Premier ministre, Édouard Philippe, et du ministre de la Santé: «Merci à Olivier Véran pour son écoute!», tweete alors le professeur Didier Raoult de l’IHU de Marseille à ce dernier. Le 27 mai, le même gouvernement abroge ces dispositions dérogatoires, à la suite d’un avis défavorable du Haut conseil de la santé publique. «Merci, l’OMS et l’étude controversée du Lancet», pense-t-on en sourdine.

«C’est un véritable scandale d’État!», s’insurge Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, au micro de Sputnik.

«Le gouvernement, par bêtise ou par corruption, refuse aux Français un traitement qui peut sauver des vies. Pour moi, c’est extrêmement grave et je pense que les Français vont être très en colère», avance Nicolas Dupont-Aignan.

Pour l’homme politique, le fait que «dans de multiples pays du monde, on constate que ce traitement est positif» pousserait certains à conclure que «derrière cette décision, il y a l’influence des laboratoires pharmaceutiques ou des adeptes d’un vaccin qui aimeraient gagner des milliards si aucun traitement ne marche.»

«Le professeur Raoult, avec son traitement, est le petit caillou dans la chaussure des gros laboratoires pharmaceutiques», conclut le président de Debout la France.

Outre-Atlantique, le timing «des deux dates de tournant» est aussi parfait: dimanche 24 mai, Donald Trump annonce qu’il arrête de prendre de l’hydroxychloroquine à titre préventif. Lundi 25 mai, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) annonce la suspension «par mesure de sécurité» de l’essai clinique de la molécule mené sur des patients contaminés par le Covid-19.

L’OMS et la chloroquine

La question de la chloroquine prend-elle des dimensions transatlantiques sur fond de guéguerre entre le Président américain et l’OMS, à qui il menace de retirer des financements? Nicolas Dupont-Aignan «se félicite» du fait que les États-Unis ont décidé de bloquer leurs subventions à l’agence onusienne.

«L’OMS est sous influence chinoise puis américaine, l’OMS est sous l’influence des laboratoires pharmaceutiques, l’OMS n’a aucune crédibilité», assure l’homme politique.

Insistant sur le fait que «l’étude parue dans The Lancet est une étude falsifiée, qui ne correspond pas à la réalité», le leader de Debout la France voit s’élever derrière cette lutte contre la chloroquine, «un médicament pas cher, quasiment gratuit, qui pourrait sauver des centaines de milliers de vies», l’ombre des laboratoires «qui veulent nous vendre des médicaments très chers ou un hypothétique vaccin.»

La liberté du médecin de prescrire un médicament

Néanmoins, on n’arrête pas de tester des soins alternatifs, en marge de l’histoire surmédiatisée de la chloroquine. Certains sont conventionnels, tels que l’antiviral Remdesivir, qui peine à faire ses preuves, d’autres, plus inattendus (et stoppés de toute urgence), comme d’administrer à des patients atteints du Covid-19 une solution issue du sang d’un ver marin. Le plasma de personnes guéries du Covid-19 est également utilisé dans certains pays pour traiter les patients qui viennent de développer les premiers symptômes.

«Je ne suis pas pour le monopole de la chloroquine. Ce qui me choque aujourd’hui, c’est le gouvernement français qui veut imposer une médecine officielle», développe Nicolas Dupont-Aignan.

© REUTERS / Christophe Archambault/Pool via REUTERS

Le code de déontologie du Conseil national de l’Ordre des médecins mentionne la liberté de prescription des solutions thérapeutiques «qui seront celles qu’il [le praticien, ndlr] estime les plus appropriées en la circonstance», dans les limites fixées par la loi et en lien avec des données scientifiques.

«Il y a une liberté du médecin, en conscience, de prescrire un médicament ou pas, adapté aux malades. Et moi, je serais ravi qu’il y ait d’autres traitements que la chloroquine», insiste l’homme politique.

Sans vouloir «défendre la chloroquine», le président du parti profite de l’occasion «pour rappeler des principes: en France, pays de libertés, un médecin peut prescrire le médicament qu’il veut». Il lui semble évident qu’il faudrait laisser les praticiens jouir de cette liberté, d’autant plus que la chloroquine n’est pas un médicament nouveau et qu’il est en vente libre en France depuis 70 ans.

«Je suis simplement pour que l’on n’interdise pas un médicament qui a fait ses preuves», conclut Nicolas Dupont-Aignan.

N'diawar Diop

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