AFRIQUE

Guinée : sept ans de réclusion ferme pour l’ancien président de la Cour constitutionnelle Mohamed Lamine Bangoura

La justice guinéenne vient de trancher dans l’un des dossiers phares de mauvaise gestion financière visant d’hauts commis de l’État. Mohamed Lamine Bangoura, qui présidait jadis la Cour constitutionnelle, a été lourdement sanctionné par la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief). Le verdict est tombé, le condamnant à une peine de sept ans de prison ferme.

Un vaste scandale de détournement de fonds

L’affaire qui valait aux accusés les foudres de la justice concerne la gestion opaque et le détournement présumé de fonds publics alloués au fonctionnement de l’institution constitutionnelle. Selon les éléments du dossier, ce sont environ 20 milliards de francs guinéens qui ont été siphonnés sous sa magistrature.

Reconnu coupable de charges graves — comprenant la corruption, l’enrichissement illicite, le détournement de deniers publics et le blanchiment de capitaux —, Mohamed Lamine Bangoura écope également d’une amende de deux milliards de francs guinéens. S’y ajoutent une peine d’inéligibilité d’une durée de cinq ans ainsi que la décision de la cour de procéder à la confiscation de l’ensemble de ses biens mobiliers et immobiliers situés tant en Guinée qu’au Sénégal voisin.

Pour rappel, l’ancien haut magistrat, incarcéré depuis décembre 2022, avait constamment clamé son innocence tout au long des audiences, tandis que le ministère public avait initialement réclamé une peine de dix ans d’emprisonnement assortie d’une amende de cinquante milliards de francs guinéens en juin dernier.

Des coaccusés lourdement condamnés par contumace

Le volet judiciaire de cette affaire s’étend également à ses anciens collaborateurs, actuellement introuvables et déclarés en fuite. Amadou Diallo (ancien vice-président) et Sidiki Sylla (ancien directeur administratif et financier de l’institution) ont tous deux été condamnés par contumace à dix ans de réclusion criminelle, accompagnés d’une amende de cinq milliards de francs guinéens chacun. Des mandats d’arrêt ont été officiellement émis à leur encontre par la Crief.

Enfin, sur le plan des réparations civiles, le tribunal a ordonné que les trois hommes soient solidairement tenus de verser à l’État guinéen la somme globale de 41 milliards de francs guinéens en guise de dédommagement.

Par La Rédaction

Ely Birahim KA

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