Grève des transporteurs dans le Sud-Est : Kédougou paralysée, les populations à bout de souffle

La région de Kédougou vit au ralenti. Le mot d’ordre de grève lancé par la Fédération des transporteurs routiers est largement suivi, plongeant plusieurs localités du Sud-Est dans une situation de quasi-paralysie. Entre difficultés de déplacement, pénurie d’approvisionnement et montée des risques liés aux moyens de transport alternatifs, les populations expriment déjà leur exaspération.

À la gare routière de Kédougou, le constat est sans appel : aucun véhicule en circulation, moteurs éteints, parkings bondés de voitures immobilisées. Une scène inhabituelle qui illustre l’ampleur du mouvement.

« Depuis ce matin, nous sommes bloqués. Impossible de trouver un véhicule pour rejoindre nos villages ou même faire nos courses. C’est très difficile pour nous », confie Awa Diallo, une commerçante rencontrée sur place, visiblement désemparée.

Même situation à Salémata, où l’impact de la grève se fait durement sentir. De nombreux habitants peinent à rallier Kédougou, principal centre d’approvisionnement de la zone.

« Nous dépendons de Kédougou pour acheter nos denrées. Aujourd’hui, il n’y a aucun moyen de transport. Certains ont marché pendant des kilomètres, d’autres ont tout simplement renoncé », explique Mamadou Ba, un habitant de la localité.

Au poste frontalier de Moussa, c’est le silence total. Les gros porteurs sont immobilisés, bloquant ainsi les échanges commerciaux. Une situation qui inquiète particulièrement les acteurs économiques de la zone.

À Saraya, la grève est également suivie. Seule la compagnie Sénégal Dem Dikk assure encore timidement les liaisons entre Saraya, Kédougou et Salémata, insuffisante pour répondre à la demande croissante.

Face à cette crise, les populations n’ont d’autre choix que de se tourner vers des solutions alternatives, notamment les tricycles. Mais ce recours n’est pas sans conséquences.

« On n’a pas le choix, mais c’est dangereux. Les tricycles ne respectent pas toujours les règles de sécurité et ils sont souvent surchargés », alerte Fatoumata Keïta, une mère de famille.

Même son de cloche chez les jeunes : « On risque nos vies juste pour se déplacer. Mais rester bloqué, ce n’est pas une option non plus», ajoute Ibrahima Camara.

Entre inquiétude et résignation, les habitants du Sud-Est lancent un appel pressant aux autorités pour une résolution rapide de la crise. Car au-delà du bras de fer entre transporteurs et pouvoirs publics, ce sont les populations qui en paient déjà le prix fort.

Auteur: Dialy Ibrahima DIÉBAKHATÉ
Publié le: Lundi 30 Mars 2026
N'diawar Diop

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