Le projet gazier transfrontalier Greater Tortue Ahmeyim (GTA), partagé entre le Sénégal et la Mauritanie, poursuit sa progression. Malgré quelques contraintes météorologiques et les effets des températures saisonnières, les opérations ont enregistré des performances encourageantes au troisième trimestre 2026. Avec 27 cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL) exportées depuis le début de l’année, le projet confirme progressivement son importance dans le paysage énergétique des deux pays.
Ces résultats figurent dans le rapport financier et opérationnel du troisième trimestre 2026 publié le 2 novembre par Kosmos Energy, l’un des principaux partenaires du développement de GTA. La compagnie américaine fait état d’une exploitation stable, accompagnée de bonnes performances du réservoir gazier.
Entre juillet et septembre 2026, la part nette de production attribuée à Kosmos Energy s’est établie en moyenne à environ 14 600 barils équivalent pétrole par jour (boepd). Ce volume correspond à une production brute équivalente d’environ 2,44 millions de tonnes de GNL par an (mtpa). La compagnie précise que les températures saisonnières plus élevées ont influencé les performances de production.
Sur le volet commercial, le partenariat a procédé à l’enlèvement de 8,5 cargaisons brutes de GNL durant le troisième trimestre. Ce résultat porte à 27 le nombre total de cargaisons exportées au cours des neuf premiers mois de 2026. Pour l’ensemble de l’année, les partenaires maintiennent leurs prévisions dans la partie supérieure de la fourchette initialement annoncée, comprise entre 32 et 36 cargaisons.
Autre indicateur positif : une troisième cargaison brute de condensats a été chargée au début du quatrième trimestre. Cette opération a toutefois connu un léger décalage en raison des conditions météorologiques.
Un projet stratégique pour l’approvisionnement énergétique du Sénégal
Au-delà des exportations destinées aux marchés internationaux, l’un des enjeux majeurs de GTA concerne la valorisation du gaz sur le marché intérieur. Le Sénégal ambitionne en effet de renforcer son indépendance énergétique en utilisant davantage ses ressources nationales pour produire de l’électricité et soutenir son développement industriel.
Dans cette perspective, les initiatives relatives à l’approvisionnement domestique en gaz progressent parallèlement aux études et aux travaux préparatoires de la Phase 1+ du projet. Kosmos Energy indique que des échanges se poursuivent avec les gouvernements sénégalais et mauritanien ainsi qu’avec les différents partenaires pour définir les prochaines étapes du développement de cette ressource.
Au Sénégal, une avancée importante concerne le réseau de transport terrestre. Réseau Gazier du Sénégal (RGS), chargé de l’exploitation du gazoduc, a annoncé que la première phase du tronçon terrestre destiné à relier le pôle gazier de GTA à la centrale électrique de Gandon affichait un taux d’exécution supérieur à 25 % à la fin du mois d’octobre 2026.
Cette infrastructure doit notamment permettre d’acheminer le gaz vers la centrale de Gandon, dont la capacité annoncée est de 230 mégawatts. À terme, cette connexion doit contribuer à renforcer les capacités de production électrique et à faciliter l’intégration du gaz naturel dans le système énergétique national.
Huit à neuf cargaisons attendues au dernier trimestre
Pour les trois derniers mois de 2026, les perspectives opérationnelles restent encourageantes. Kosmos Energy prévoit entre 8 et 9 cargaisons brutes de GNL pour le complexe GTA au quatrième trimestre. La participation nette de la compagnie américaine dans les volumes concernés est estimée à environ 24 %. Elle anticipe également l’équivalent de 0,4 cargaison nette de condensats sur cette période.
Lancé dans sa phase de production en 2025, avec un premier GNL obtenu en février et une première cargaison exportée en avril de la même année, GTA entre désormais dans une étape déterminante de son développement. La régularité des opérations, l’augmentation des exportations et l’avancement des infrastructures terrestres constituent des indicateurs importants pour mesurer les retombées économiques futures du projet.
Pour le Sénégal et la Mauritanie, l’enjeu dépasse ainsi la seule commercialisation du gaz sur les marchés internationaux. Il s’agit également de transformer cette ressource naturelle en un véritable levier de souveraineté énergétique, de développement industriel et de création de richesses. La concrétisation des infrastructures domestiques sera déterminante pour que les populations et les économies des deux pays puissent bénéficier pleinement de cette exploitation commune.
Sunuker News Desk
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