TIVAOUANE — À l’occasion de la cérémonie officielle du Gamou de Tivaouane, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a lancé un appel ferme à la tolérance et au respect des étrangers vivant au Sénégal. Devant les dignitaires religieux et les autorités présents, il a notamment dénoncé la montée de certains discours xénophobes dans le pays.
« Les discours xénophobes sont à bannir de notre société. Nous devons nous ouvrir à tous les étrangers », a déclaré le ministre, invitant les Sénégalais à préserver une tradition d’hospitalité et de coexistence avec les différentes communautés présentes sur le territoire national.
Mouhamadou Makhtar Cissé a inscrit son intervention dans une perspective religieuse, en rappelant que le principe de l’unicité de Dieu ne concerne pas uniquement la foi, mais renvoie également à une vision universelle de la création et des rapports entre les êtres humains.
« L’unicité de Dieu n’est pas seulement une vérité de Dieu, mais également une vérité sur la création. L’Islam est une religion de tolérance et de solidarité », a-t-il souligné.
Pour le ministre, ces valeurs doivent continuer à guider les comportements individuels et collectifs, particulièrement dans un contexte où les débats sur l’immigration, la nationalité et l’accès aux services publics peuvent parfois alimenter des tensions identitaires.
Son appel intervient alors que la question de la présence étrangère au Sénégal suscite régulièrement des discussions, notamment sur les réseaux sociaux. Les autorités sont confrontées à la nécessité de lutter contre les éventuelles fraudes tout en évitant que les préoccupations liées à la sécurité ou à l’état civil ne se transforment en rejet généralisé des étrangers.
Au-delà du message religieux et social, le ministre a annoncé une réponse sur le plan opérationnel. L’État entend notamment travailler à la mise en place de dispositifs sécuritaires appropriés autour de la délivrance des actes d’état civil.
Cette orientation vise à répondre aux préoccupations liées aux risques de fraude et à l’utilisation abusive de documents administratifs, tout en maintenant une distinction entre la lutte contre les irrégularités et la stigmatisation des communautés étrangères.
Le gouvernement semble ainsi vouloir privilégier une approche combinant contrôle administratif, sécurité et respect des principes de coexistence.
À Tivaouane, haut lieu de la spiritualité tidiane, le message du ministre prend une dimension particulière. Il rappelle que la lutte contre les dérives identitaires ne relève pas uniquement de mesures administratives ou sécuritaires, mais touche également aux valeurs sociales et religieuses qui fondent le vivre-ensemble.
Dans un Sénégal historiquement marqué par la mobilité des populations et les échanges avec les pays voisins, Mouhamadou Makhtar Cissé appelle ainsi à préserver l’hospitalité, la solidarité et la tolérance, tout en renforçant les mécanismes permettant à l’État de garantir la fiabilité de son système administratif.
Sunuker News Desk
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