La protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels dans les contextes de voyage et de tourisme était au cœur d’un atelier multisectoriel organisé dans le département de Mbour par la Direction des droits humains du ministère de la Justice. La directrice des Affaires civiles et du sceau, Marie Odile Thiakane, représentant le ministre de la Justice, a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour mieux protéger les enfants dans les zones touristiques.
Elle a rappelé qu’« aucun enfant ne doit être exposé à l’exploitation ou aux abus sexuels en raison de sa vulnérabilité ou de la fréquentation touristique de son territoire. Le Sénégal a fait de la protection des droits de l’enfant une priorité depuis de nombreuses années. Notre pays a ratifié la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, son Protocole facultatif concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, ainsi que la Charte africaine sur les droits et le bien-être de l’enfant ».
Selon elle, l’existence d’un arsenal juridique ne suffit pas. Les différents acteurs doivent connaître leurs responsabilités et savoir comment réagir lorsqu’un enfant est en danger. Car, pour les autoritésr, « le développement touristique ne saurait se faire au détriment des droits de l’enfant ».
Ainsi, l’atelier vise ainsi à renforcer les capacités des travailleurs sociaux, forces de sécurité et structures de protection de l’enfance, mais également à sensibiliser les professionnels du tourisme et de l’hôtellerie, les transporteurs, les guides, les personnels de santé et les médias.
Mbour, un département particulièrement exposé
Le choix de Mbour pour abriter cette rencontre n’est pas fortuit. Le département compte plusieurs zones touristiques majeures. Et un constat préoccupant a été dressé par le préfet Amadou Diop sur la vulnérabilité de certains enfants dans la Petite-Côte.
Selon lui, il est important de protéger cette couche vulnérable, qui représente, environ 39 % (sources : ANSD) de la population sénégalaise. Le préfet rappelle que le département de Mbour reste « l’un des plus touchés par les signalements d’exploitation sexuelle impliquant des enfants ».
« La localité de Mbour reste l’un des départements les plus touchés par les signalements d’exploitation d’abus sexuels impliquant des enfants, surtout dans la zone de la Petite-Côte. Quand la pauvreté rencontre l’anonymat, quand un talibé erre à longueur de journée dans la rue, quand une jeune fille déscolarisée est à l’abandon, quand le filet familial est quasi inexistant, le prédateur sexuel n’est jamais loin », constate le préfet Amadou Diop.
Madame Thiakane invite ainsi à faire « du département de Mbour une destination où tourisme et protection de l’enfant vont de pair ». Les acteurs du tourisme sont invités à définir un circuit rapide et efficace pour le signalement des abus sexuels sur les enfants et à adopter une position de « tolérance zéro » face à toute forme d’exploitation sexuelle impliquant un enfant.
À l’issue de l’atelier, les autorités souhaitent également aboutir à la signature d’une charte locale de protection des enfants par les établissements hôteliers et touristiques, en collaboration avec le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. Cette charte devrait notamment engager les établissements à former leurs personnels, renforcer la vigilance, signaler les faits et coopérer avec les services compétents.
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