ECONOMIE

Dette en Afrique de l’Ouest : Le Sénégal sous le feu des projecteurs selon un rapport de la BAD

Une récente publication des Perspectives économiques en Afrique de l’Ouest de la Banque africaine de développement (BAD), relayée par le journal L’Observateur, met en lumière l’évolution contrastée des indicateurs d’endettement dans la sous-région.

Une décrue globale de la dette extérieure régionale

À l’échelle ouest-africaine, les tendances macroéconomiques indiquent globalement un allègement de la dette extérieure, qui est passée de 39,1 % du PIB en 2024 à 35,6 % en 2025. Toutefois, des disparités significatives subsistent selon les États :

  • Cabo Verde : Le pays continue de porter un fardeau important, avec une dette extérieure évaluée à 87,3 % du PIB et une dette publique globale avoisinant 103 % du PIB (selon le rapport-pays 2026).

  • Gambie : Affiche également un ratio d’endettement élevé arrêté à 47,8 %.

  • Nigéria : La première économie de la région a vu sa dette extérieure reculer à 36,8 % du PIB en 2025 (contre 40,5 % en 2024). Néanmoins, ce volume demeure supérieur à la fourchette de 13 % à 21 % observée entre 2017 et 2023, en raison des emprunts mobilisés pour accompagner des réformes structurelles.

La situation spécifique du Sénégal

Le rapport positionne désormais le Sénégal comme l’État le plus endetté de la zone. Cette position fait suite à un audit réalisé en 2025 qui a conduit à une réévaluation substantielle de l’encours global.

En intégrant à la fois la composante intérieure et extérieure, la dette publique totale du pays a été révisée à environ 132 % du PIB. Une proportion particulièrement marquante si on la compare aux estimations pré-audit qui cantonnaient la seule dette extérieure à 58,9 % du PIB.

Pression sur les finances publiques et service de la dette

L’étude insiste par ailleurs sur la vulnérabilité financière des pays dont le volume des exportations demeure insuffisant pour amortir la charge de remboursement. En 2025, le service de la dette a ainsi absorbé :

  • 41,9 % des exportations au Sénégal.

  • 24,8 % des exportations au Nigéria.

Cette situation restreint fortement les marges de manœuvre budgétaires indispensables pour financer les politiques de développement et les dépenses à fort impact social. Heureusement, la structure de la dette tend à évoluer en faveur des marchés domestiques et des emprunts concessionnels. Si cette transition atténue les risques liés au refinancement, elle devrait néanmoins maintenir le coût du service de la dette à un niveau élevé au moins jusqu’en 2027.

Publié par La Rédaction — Sunuker.net

Ely Birahim KA

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