La situation est très tendue à La Poste où des employés qui réclament leurs salaires ont été violemment réprimés. Des blessés ont été évacués et les syndicalistes accusent la Direction générale.

La situation est devenue délétère à la Poste. Après plusieurs mois marqués par des mouvements d’humeur, la journée d’hier a été empreinte de sang. En sit-in hier matin, les employés réunis derrière le Syndicat national des travailleurs de la Poste et des télécommunications (Sntpt) ont été brutalisés et même blessés. Leur manifestation a été réprimée par les forces de l’ordre qui ont usé de grenades lacrymogènes. Plusieurs blessés graves ont été notés et transportés d’urgence à l’hôpital. Sur des vidéos publiques, on aperçoit des blessés, aux pieds ensanglantés. Du sang qui coule sur le sol dans la bâtisse abritant la direction générale. Leur porte-parole, Ibrahima Sarr, indique qu’« il s’agissait d’un simple sit-in pour réclamer leurs salaires ». « Nous avons barré la route pour manifester, et nous ferons plus demain et des actions d’envergure sont en cours », a-t-il menacé. Il ajoute : « L’image de la Poste est ternie par des bandes de copains qui ne sont intéressés que par leur gain. Les différents directeurs ont mené la poste vers la ruine. Le directeur général actuel, Abdoulaye Bibi Baldé, a perdu tous les repères et sacrifie la poste », a-t-il ajouté dans ce sens. Sur cette base, il souligne que le président a la responsabilité dans le cadre de son bilan économique et social de « laisser une Poste viable ».

Et pourtant la situation de la Poste s’était invitée à la fête du travail, plus précisément le 4 mai 2022 au dépôt des cahiers de doléances des centrales syndicales. A cet effet, le président de la République avait soutenu : « La Poste est une entreprise en difficulté. Elle a plus de 5 000 emplois. Comment peut-on sauver une telle entreprise ? Il y a des choses qui ne sont pas possibles. L’État ne peut pas payer des salaires pour des gens qui ne travaillent pas. Il y a eu un reliquat de 12 milliards la semaine dernière. C’est une perfusion continue. Il faut une restructuration qui est inévitable si nous voulons sauver l’essentiel. »

James Dillinger

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