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Avec plus de 3 millions de contaminations, le pays est confronté à une situation hors de contrôle. Les mesures restrictives sont pourtant toujours rejetées par une partie de la population.
Par Corine Lesnes Publié aujourd’hui à 04h38, mis à jour à 10h26
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Difficile d’être plus explicite. « Je suis américain et j’estime que je dois pouvoir faire ce que je veux. Je paie mes impôts, je vis libre et je veux être libre. » L’homme qui parle n’est pas un de ces jeunes trompe-Covid qui se serrent dans les fêtes sur les plages de Floride. Il a la soixantaine, un peu d’embonpoint, un chapeau de cow-boy – en paille, c’est l’été – et, bien sûr, pas de masque. Il est venu en cette fête nationale du 4 juillet assister au traditionnel rodéo de Giddings, une bourgade de 5 000 habitants au milieu du Texas.
Pas de distanciation physique sur les gradins, pas de masques, malgré l’injonction du gouverneur de l’Etat. « C’est contre nos droits constitutionnels. Le gouvernement ne devrait pas pouvoir dicter ce que je porte », ajoute une autre spectatrice, selon les images montrées par la chaîne publique PBS. Lire aussi Coronavirus : plus de 3 millions de cas aux Etats-Unis ; en France, un plan de reconfinement « ciblé » en cas de « deuxième vague »
On ne saurait mieux illustrer l’étrangeté de la situation des Etats-Unis, cinq mois après l’irruption d’une pandémie qui a tué plus de 133 000 personnes et a placé le pays au premier rang mondial des victimes (mais septième, derrière la France, rapporté à la population). Alors que 37 des 50 Etats connaissent de nouveau une croissance des cas de contamination (3 millions au plan national) et, qu’en Floride ou au Texas, les hôpitaux sont au bord de la rupture, une partie de la population pense que lutter contre une maladie hautement infectieuse est affaire de liberté individuelle.
Par Corine Lesnes
Avec plus de 3 millions de contaminations, le pays est confronté à une situation hors de contrôle. Les mesures restrictives sont pourtant toujours rejetées par une partie de la population.
Difficile d’être plus explicite. « Je suis américain et j’estime que je dois pouvoir faire ce que je veux. Je paie mes impôts, je vis libre et je veux être libre. » L’homme qui parle n’est pas un de ces jeunes trompe-Covid qui se serrent dans les fêtes sur les plages de Floride. Il a la soixantaine, un peu d’embonpoint, un chapeau de cow-boy – en paille, c’est l’été – et, bien sûr, pas de masque. Il est venu en cette fête nationale du 4 juillet assister au traditionnel rodéo de Giddings, une bourgade de 5 000 habitants au milieu du Texas.
Pas de distanciation physique sur les gradins, pas de masques, malgré l’injonction du gouverneur de l’Etat. « C’est contre nos droits constitutionnels. Le gouvernement ne devrait pas pouvoir dicter ce que je porte », ajoute une autre spectatrice, selon les images montrées par la chaîne publique PBS.
Lire aussi Coronavirus : plus de 3 millions de cas aux Etats-Unis ; en France, un plan de reconfinement « ciblé » en cas de « deuxième vague »
On ne saurait mieux illustrer l’étrangeté de la situation des Etats-Unis, cinq mois après l’irruption d’une pandémie qui a tué plus de 133 000 personnes et a placé le pays au premier rang mondial des victimes (mais septième, derrière la France, rapporté à la population). Alors que 37 des 50 Etats connaissent de nouveau une croissance des cas de contamination (3 millions au plan national) et, qu’en Floride ou au Texas, les hôpitaux sont au bord de la rupture, une partie de la population pense que lutter contre une maladie hautement infectieuse est affaire de liberté individuelle.
Lire aussi Coronavirus : l’inquiétante rechute des Etats-Unis
Une fraction certes minoritaire, mais représentative d’un courant ancré dans l’histoire nationale – en 1918, pendant la grippe « espagnole », une ligue antimasques s’était constituée à San Francisco. Au-delà des intérêts économiques, le sentiment anticonfinement participe du traditionnel individualisme américain (l’esprit « frontière »),mais aussi du non moins traditionnel fatalisme religieux. « Je n’ai pas peur, explique une jeune femme dans le même reportage de PBS. Ce qui doit arriver arrivera. Si mon heure est arrivée, le bon Dieu m’emportera. »
Les pouvoirs publics ont dû – et doivent toujours – composer avec cet état d’esprit, sachant qu’il est hors de question d’aller trop loin dans les restrictions à la liberté des Américains. Récemment, alors que la Californie, l’ex-bon élève du confinement, se trouvait confrontée à une recrudescence des cas, à peine moins que les Etats républicains qui n’en avaient fait qu’à leur tête, un médecin de l’hôpital universitaire de San Francisco en était à envier les mesures prises en France : des autorisations pour sortir, expliquait-il admiratif ; des amendes si les citoyens dépassaient le périmètre autorisé !
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