Dans le cadre du nouveau « Décret relance » pour soutenir l’économie du pays mise à genoux par la crise Covid-19 (55 milliards d’euros pour les entreprises, familles et chômeurs), l’Italie va régulariser des centaines de milliers de travailleurs clandestins indispensables aux secteurs de l’agriculture et des services à la personne.
C’était la mesure la plus délicate du gouvernement qui a d’ailleurs provoqué de fortes frictions au sein des partis de la majorité. Mais cette décision, ardemment défendue par le président du Conseil, Giuseppe Conte, et la ministre de l’Agriculture Teresa Bellanova qui, émue aux larmes, a déclaré « les invisibles deviendront un peu plus visibles », est nécessaire pour trois raisons.
Sans les travailleurs agricoles immigrés, les récoltes du pays sont menacées et risquent de ne jamais arriver sur les étals des supermarchés. Sans permis de séjour, il est impossible pour les ouvriers illégaux d’accéder au système de santé public. D’où les risques importants de nouveaux foyers de contagion par le coronavirus.
Enfin, faire émerger le travail au noir, c’est lutter contre les mafias qui, avec la crise du Covid-19, s’infiltrent encore davantage, dans de nombreux secteurs.
La dernière régularisation massive de quelque 300 000 immigrés remonte à 2009, époque où Silvio Berlusconi était au pouvoir.
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