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Conséquences du vol de bétail : 2 milliards de pertes par an

Au Sénégal, annuellement, 3,2 millions de $, soit 2 milliards francs Cfa par an sont perdus par les éleveurs à cause du vol de bétail, soit en moyenne 22 000 à 30 000 têtes de bétail.  Ce vol de bétail sévit aussi dans la sous-région. Au Mali, par exemple, entre 2019 et 2022, le nombre d’animaux volés a été estimé à 887 250 têtes de bovins et 446 000 petits ruminants. Au Burkina Faso, les estimations sont 8 millions de têtes volées entre 2017.

Selon la Fao, en termes d’économie illicite, le vol de bétail (22%) constitue en Afrique de l’Ouest, le 3ème fléau après le trafic d’armes (56%) et l’enlèvement contre rançon (39%) et devant le commerce illicite (20%) et le commerce illicite de pétrole (20%).

Il est renforcé par l’insécurité qui sévit dans la région, les failles sécuritaires aux frontières permettant une traversée hors points officiels et en dehors de tout contrôle des forces de défense et de sécurité, des agents des postes vétérinaires frontaliers, le changement climatique qui paupérise certains éleveurs, la nature extensive des systèmes d’élevage dominant avec une faible surveillance du bétail (divagation).  Comme causes, la Fao indexe également, la mobilité nationale et transfrontalière comme la transhumance et le nomadisme qui favorisent les vols et les razzias dans ces zones où la présence de l’Etat est quasi inexistante.

Le problème est accentué par l’inefficacité des méthodes actuelles d’identification du bétail avec l’absence de méthodes efficaces de traçabilité du bétail.  Il a aussi la possibilité d’écouler le bétail volé à travers des réseaux criminels d’abattages clandestins hors abattoirs à Dakar, dans les régions et même les villages les plus reculés du Sénégal. La faiblesse du personnel vétérinaire et para-vétérinaire au Sénégal qui est en général 1 agent technique d’élevage pour un arrondissement, soit 2 à 3 communes. Parmi les problèmes, il a aussi les absences ou les faiblesses organisationnelles interétatiques qui auraient permis de mieux coordonner la lutte entre les pays.

L’absence de structures dédiées totalement à la lutte contre le vol de bétail dans les pays concernés de l’Afrique de l’Ouest. Le Sénégal est le seul pays qui dispose d’une Cellule dédiée mais sans moyens et la faiblesse de l’application des cadres juridiques et institutionnelles sont d’autres causes.

FATOU NDAYE

James Dillinger

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