Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a ouvert ce jeudi à Lausanne une audience cruciale pour statuer sur le recours de la Fédération sénégalaise de football. L’instance saisie conteste la décision de la Confédération africaine de football (CAF) qui a retiré aux Lions le titre de champion de la CAN 2025 au profit du Maroc.
Les débats se déroulent à huis clos devant un collège de trois arbitres chevronnés en droit du sport :
Gérald Simon (France), qui préside le panel.
Luigi Fumagalli (Italie).
Ulrich Haas (Allemagne).
Pour les spécialistes du droit international du sport, ce litige revêt un caractère exceptionnel. Il s’agit en effet de contester non pas une simple sanction disciplinaire, mais la rétrogradation administrative d’un trophée pourtant conquis sur le terrain et validé initialement par le corps arbitral.
Durant cette audience, les conseils des différentes parties ont longuement débattu autour de la qualification juridique des incidents de la finale du 18 janvier dernier :
La position marocaine : La défense s’appuie sur une lecture stricte des articles 82 et 84 des règlements généraux de la CAF. Ces dispositions stipulent qu’une équipe quittant l’aire de jeu sans l’accord préalable de l’arbitre central écope d’une défaite par forfait sur tapis vert (3-0).
La riposte sénégalaise : Le Sénégal axe sa défense sur les Lois du jeu de l’IFAB, mettant en avant le principe d’irrévocabilité des décisions arbitrales sur les faits de match. La partie sénégalaise invoque également la « doctrine du terrain de jeu », un concept jurisprudentiel bien ancré au TAS qui protège l’intégrité du résultat sportif acquis sur la pelouse.
Le nœud gordien du dossier réside dans le fait que l’arbitre de la rencontre, le Congolais Jean-Jacques Ndala, avait ordonné la reprise du match après le retour des joueurs sénégalais, entérinant le score avant l’intervention ultérieure et controversée de la CAF, intervenue le 17 mars.
À l’issue de cette journée d’auditions, le TAS a mis l’affaire en délibéré et le verdict ne sera pas immédiat. Trois options s’offrent aux juges arbitraux :
La confirmation : Valider la décision de la CAF et entériner le forfait du Sénégal (victoire 3-0 pour le Maroc).
Le renversement : Annuler la décision de l’instance panafricaine et réattribuer officiellement la couronne continentale au Sénégal sur la base du score final du match.
Le renvoi : Annuler la sanction et renvoyer le dossier devant les instances compétentes de la CAF pour un nouvel examen.
Par La Rédaction — Sunuker.net
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