Le week-end des 23 et 24 octobre 2026 a été marqué par une épaisse brume de poussière qui a enveloppé le littoral sénégalais. Un événement climatique atypique pour cette période de transition, d’ordinaire peu propice à ce type de manifestation, avant le début de la saison sèche traditionnellement marquée par ces particules à partir du mois de novembre.
Interrogé sur les raisons de cette situation, Abdoulaye Diouf, qui pilote la Prévision et la réduction des risques au sein de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM), a apporté des éclairages précieux. D’après ses analyses, la source du problème provient de l’ouest de la Mauritanie, où des rafales de vent particulièrement puissantes au niveau du sol ont arraché des particules de terre. Ces dernières ont ensuite été propulsées et acheminées vers le territoire sénégalais par l’intermédiaire de flux d’altitude vigoureux soufflant aux alentours de 600 mètres. En longeant la façade côtière, ces courants ont directement impacté la frange nord du pays.
Une visibilité fortement dégradée sur l’axe Saint-Louis – Dakar
Cette dynamique météorologique a touché de plein fouet l’axe reliant Saint-Louis à Dakar. La qualité de l’air et la visibilité horizontale ont subi une forte baisse, chutant par moments sous le seuil critique des 1 500 mètres pour s’établir autour de 1 200 mètres. D’autres zones du pays ont également observé des réductions de visibilité en deçà de 2 500 mètres, impactant de manière notable les opérations au niveau des plateformes aéroportuaires. Face à la persistance de cette brume, les autorités sanitaires et météorologiques appellent d’ailleurs à la prudence, particulièrement pour les personnes vulnérables et les enfants sujets à des affections respiratoires.
Les raisons en amont : des sols mauritaniens secs et fragilisés
D’un point de vue purement climatique, l’expert de l’ANACIM attribue cet épisode précoce à l’état des sols dans les pays limitrophes. En Mauritanie, le déficit de précipitations a laissé des terres particulièrement arides, sèches et meubles. En l’absence d’eau de pluie pour lier et compacter les sols, quelques journées d’ensoleillement cumulées à des vents violents suffisent amplement à libérer de grandes quantités de poussière dans l’atmosphère.
La Rédaction