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Bilan canicule en France : Plus de 2 000 décès enregistrés en juin, l’Île-de-France et les Pays de la Loire durement frappés

La vague de chaleur exceptionnelle qui a accablé l’Hexagone durant le mois de juin a laissé des traces dramatiques. Selon les premières données de l’agence Santé publique France, cette canicule historique a entraîné une surmortalité d’au moins deux mille personnes en l’espace d’une seule semaine, soit une augmentation brutale de près de 30 % par rapport à la normale. Deux régions se détachent particulièrement par la sévérité de ce bilan : l’Île-de-France et les Pays de la Loire.

Un impact majeur chez les personnes âgées à domicile

L’analyse de cette surmortalité, qui a coïncidé avec les trois journées les plus chaudes jamais enregistrées dans l’histoire de la météo française, révèle des indicateurs préoccupants :

Lieu de décès : La hausse la plus spectaculaire concerne les décès survenus à domicile, qui ont quasiment doublé (+91 %) en une semaine. À l’inverse, l’augmentation est restée plus contenue dans les Ehpad (+37 %), bien que ces chiffres demandent encore à être consolidés.

Profil des victimes : Si des alertes avaient été lancées concernant des complications chez de jeunes adultes suite à des efforts physiques extrêmes, la mortalité effective touche de manière écrasante les populations âgées, principalement les plus de 65 ans.

Vers un bilan réel beaucoup plus lourd ?

Les autorités sanitaires, à commencer par la ministre de la Santé Stéphanie Rist, invitent à la plus grande prudence. L’indicateur actuel de 2 025 décès supplémentaires est qualifié d’« instantané partiel ». Il s’appuie uniquement sur les certificats électroniques de décès (qui représentent environ 60 % de la totalité des déclarations) et n’intègre pas encore les effets à retardement de la chaleur sur les organismes fragiles. Santé publique France anticipe déjà une réévaluation à la hausse du bilan réel d’ici quelques semaines.

Polémique politique et changement climatique

Sur le plan de l’intensité et de la durée (14 jours consécutifs contre 16 en 2003), cet épisode se rapproche de la catastrophe sanitaire de 2003 qui avait fait 15 000 victimes. Les experts du regroupement scientifique World Weather Attribution soulignent par ailleurs qu’un tel dôme de chaleur en plein mois de juin aurait été statistiquement improbable sans l’impact direct du dérèglement climatique global.

Le drame a rapidement pris une tournure politique. L’opposition écologiste a frontalement accusé l’exécutif d’inaction en avançant un bilan projeté de 10 000 morts, une estimation immédiatement qualifiée de manipulation par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Face à la multiplication des décès à domicile, le chef du gouvernement a annoncé le développement futur d’un réseau de centres d’accueil et de protection pour les citoyens les plus vulnérables.

La Rédaction : sunuker.net

N'diawar Diop

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