AFRIQUE

Au Burkina Faso, des heurts éclatent à Ouagadougou après une interdiction de manifester

Malgré l’interdiction d’un rassemblement pour dénoncer « l’incapacité » du gouvernement à freiner les violences jihadistes, des manifestants ont défilé, samedi, dans les rues de la capitale pour faire entendre leur voix. Des échauffourées ont opposé des jeunes aux policiers anti-émeutes.

Jour de colère à Ouagadougou. Des incidents ont éclaté, samedi 22 janvier, entre les forces de l’ordre et des manifestants qui ont bravé l’interdiction de se rassembler pour protester contre l’insécurité au Burkina Faso, en proie à la violence jihadiste, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les policiers anti-émeutes ont dispersé les manifestants à l’aide de gaz lacrymogène, puis une course poursuite s’est engagée dans les rues du centre-ville de la capitale burkinabè, où l’on pouvait également voir des jeunes circulant à moto harcelant les policiers.

Des barricades de fortune, faites de planches en bois, de pierres et de pneus enflammés, ont été dressées en plusieurs endroits.

Un journaliste de La Chaîne au cœur de l’Afrique (LCA), une télévision privée, a été blessé au bras gauche après avoir reçu un projectile, et évacué vers un hôpital de Ouagadougou, a indiqué à l’AFP un membre de la Croix-Rouge.

« Le pouvoir est aux abois », affirme un manifestant, Ahmed Soulama. « Il refuse de comprendre la douleur des populations qui font face chaque jour à des attaques qui endeuillent les familles » et « au lieu d’encadrer cette marche et d’entendre notre cri de cœur, voilà que ce sont des gaz qu’on nous jette », ajoute-t-il.

« Raisons de sécurité »

La manifestation contre « l’incapacité » du pouvoir à empêcher les attaques jihadistes, à l’appel du mouvement de la société civile Sauvons le Burkina, a été interdite pour des « raisons de sécurité » par la mairie de Ouagadougou.

Sauvons le Burkina avait été à l’origine, le 27 novembre dernier, d’une précédente manifestation également interdite, qui avait fait une dizaine de blessés dans des heurts entre manifestants et forces de l’ordre.

La mairie a également interdit, samedi, un autre rassemblement de soutien au Mali, visé par des sanctions renforcées par ses voisins ouest-africains.

Le Burkina Faso est pris, depuis 2015, dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique. Les attaques qui visent civils et militaires sont de plus en plus fréquentes et en grande majorité concentrées dans le nord et l’est du pays.

Parfois mêlées à des affrontements intercommunautaires, elles ont fait, depuis six ans, plus de 2 000 morts et contraint 1,5 million de personnes à fuir leur foyer.

Avec AFP

N'diawar Diop

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