Après plusieurs années avec ses dreadlocks devenues indissociables de son image, Amadeus a choisi de tourner la page. Dans un entretien accordé à L’Observateur, le chanteur sénégalais revient sur cette transformation physique qu’il présente comme le reflet d’une évolution personnelle, mais aussi d’un nouveau chapitre dans sa carrière musicale.
Le changement n’est pas passé inaperçu. Celui que le public avait l’habitude de voir avec ses longues dreadlocks apparaît désormais avec une silhouette capillaire beaucoup plus sobre. Un choix assumé, derrière lequel Amadeus ne voit ni rupture brutale ni simple envie de changer de coiffure.
L’artiste associe d’abord cette transformation à une forme de maturité. Avec les années, explique-t-il, son regard sur lui-même, son identité et son parcours artistique ont évolué. La coupe de ses dreadlocks devient ainsi le symbole d’une nouvelle période de sa vie.
Mais le changement est aussi lié à son rapport à ses racines. Amadeus revendique aujourd’hui une volonté de renouer davantage avec l’héritage de ses ancêtres et se définit comme « le jeune griot ». Une formule qui traduit sa volonté de mettre davantage en avant la transmission, la culture et les références qui nourrissent son univers.
Cette évolution intervient alors que l’artiste poursuit justement une phase de transformation musicale. Son album visuel « Digg Doole », présenté en avant-première le 16 septembre 2026, marque une étape importante de son parcours. Le projet associe musique, écriture et image, avec notamment des collaborations avec Dip Doundou Guiss et Aïda Samb. Le Soleil décrit cette production comme une œuvre davantage travaillée sur les rythmes, les sonorités et la diversité des styles.
Amadeus assume donc une démarche qui dépasse largement la question de l’apparence. Pour lui, l’artiste ne doit pas rester prisonnier d’une image construite au fil des années. Il refuse notamment d’être définitivement catalogué comme le « jeune rasta-man », une étiquette qui, selon sa vision, pourrait finir par limiter son évolution.
Cette volonté de se réinventer n’est d’ailleurs pas nouvelle dans son discours. En juillet dernier, alors qu’il avait déjà surpris son public avec son nouveau look dans le clip « Bul ma seetaan », Amadeus expliquait que ses dreadlocks ne définissaient ni son identité musicale ni son talent. Il évoquait également des considérations pratiques et spirituelles qui avaient pesé dans sa décision.
Cette fois, son discours prend une dimension plus large : celle d’un artiste qui veut faire évoluer simultanément sa musique, son apparence et son rapport à son héritage.
Le choix du mot « griot » est particulièrement révélateur. Dans la tradition ouest-africaine, le griot est associé à la mémoire, à la parole, à la transmission et à la préservation de l’histoire. En revendiquant cette identité, Amadeus semble vouloir inscrire son évolution artistique dans un dialogue plus affirmé avec la culture sénégalaise.
Cette orientation se retrouve dans son travail récent. Dans « Digg Doole », le wolof occupe une place importante dans l’écriture, avec une recherche autour des expressions, des images et des nuances de la langue. L’artiste explique également avoir voulu prolonger ses chansons à travers un film, donnant ainsi une dimension visuelle à son univers musical.
Son nouveau look apparaît donc comme l’un des éléments visibles d’une transformation plus profonde. Amadeus ne renie pas nécessairement la période des dreadlocks ; il considère plutôt qu’une carrière artistique doit pouvoir évoluer avec son créateur.
De la coiffure aux sonorités, en passant par les textes et l’image, le chanteur semble ainsi vouloir ouvrir un nouveau chapitre. Une manière de rappeler qu’un artiste peut conserver ses racines tout en changeant de forme.
Les dreadlocks appartiennent désormais à une période de son histoire. Amadeus, lui, veut regarder vers la suite : plus mature, plus enraciné et déterminé à continuer de se réinventer.
Sunuker News Desk
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