SOCIETE / FAITS DIVERS

Affaire Tobaggo : Plus d’une décennie d’attente, le ras-le-bol des victimes face au mutisme du ministère de l’Urbanisme

Dakar – Le cauchemar semble interminable pour les familles impactées par les démolitions de Tobaggo. Plus de dix ans après avoir vu leurs maisons réduites en gravats, ces citoyens sénégalais attendent toujours d’être rétablis dans leurs droits. Si le principe d’une compensation foncière avait été acté au plus haut sommet de l’État, le dossier s’est aujourd’hui enlisé dans les lenteurs bureaucratiques du ministère de l’Urbanisme.

L’impatience a laissé place à la colère. Réunis en conclave ce dimanche 9 août, les membres du Collectif des Victimes de Tobaggo ont tenu à faire le point sur une situation qu’ils jugent inacceptable. Sous la houlette de leur président, Mbaye Thioye, le bureau exécutif a publié un communiqué cinglant pour dénoncer l’extrême lenteur dans l’attribution définitive de leur site de dédommagement, connu sous le nom de « Recasement 2 ».

L’arrêté de lotissement, pomme de discorde

Malgré le feu vert des plus hautes autorités, la procédure est aujourd’hui à l’arrêt. Au cœur de la frustration de ces dizaines de familles : l’absence d’une simple signature pour valider l’arrêté d’autorisation de lotir.

Le collectif pointe directement du doigt les services de la tutelle. Dans leur déclaration, ils déplorent fermement qu’« un dossier pendant sur le bureau du Ministre de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire est en souffrance, faute de signature ». Pour les victimes, ce blocage administratif est non seulement injustifié, mais il alimente également un profond sentiment de défiance vis-à-vis des institutions étatiques.

Vers une nouvelle mobilisation

Lassées par plus de dix années de promesses sans suite, les victimes de Tobaggo ont décidé de durcir le ton. Refusant de rester les bras croisés face à ce qu’elles considèrent comme un mépris institutionnel, elles préparent activement une grande conférence de presse. Cette prochaine sortie médiatique devrait être l’occasion de dévoiler un plan d’action musclé sur le terrain. L’objectif est clair : contraindre l’administration à délivrer enfin cette autorisation définitive et solder, une bonne fois pour toutes, ce douloureux passif social.

La Rédaction Sunuker.net

N'diawar Diop

Recent Posts

Saint-Louis : 80 millions FCFA investis dans quatre drones pour protéger les récoltes contre les oiseaux granivores

Les producteurs de la vallée du fleuve Sénégal disposent désormais de nouveaux moyens technologiques pour…

3 heures ago

Vol de matériel de la délégation biélorusse aux JOJ : Ibrahima Sy dément et annonce une plainte

Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, est sorti de…

3 heures ago

Bargny : 17 personnes arrêtées après une tentative de départ clandestin vers l’Espagne

Une opération de la police visant à empêcher une traversée maritime irrégulière vers l’Espagne a…

3 heures ago

Nécrologie : le Barreau sénégalais perd Me Yérim Thiam, ancien Bâtonnier de l’Ordre des avocats

Le monde judiciaire sénégalais est frappé par une triste nouvelle. Me Yérim Thiam, ancien Bâtonnier…

3 heures ago

Keur Massar : six personnes interpellées dans une enquête portant sur des faits présumés de transmission du VIH

La Brigade de recherches de Keur Massar a interpellé six personnes dans le cadre d’une…

3 heures ago

Bignona : 114 candidats à l’émigration irrégulière interceptés dans la mangrove de Thiobon

Une tentative de départ clandestin vers l’Espagne a été déjouée dans la localité de Thiobon,…

3 heures ago