Le chroniqueur Mamadou Cissé, plus connu sous le nom de Momo Cissé, a été placé en garde à vue à la Division spéciale de cybersécurité (DSC), après son audition ce jeudi 15 octobre 2026. Il est soupçonné de diffusion de fausses nouvelles, selon les informations rapportées par la presse sénégalaise. Cette procédure serait liée à des déclarations faites dans l’affaire de l’influenceuse Nourah Ba, qui ont directement mis en cause le comportement de policiers.
L’affaire Nourah Ba connaît ainsi un nouveau développement. Après les procédures engagées contre l’influenceuse, les déclarations publiques du chroniqueur de Sen TV attirent désormais l’attention des enquêteurs de la DSC. D’après Seneweb, qui avait annoncé sa convocation la veille, la procédure porte notamment sur des propos tenus dans une vidéo diffusée sur la chaîne YouTube Sen Téranga.
Dans cette séquence, Momo Cissé aurait affirmé que Nourah Ba avait été empêchée d’accéder aux toilettes pendant sa garde à vue dans un commissariat de Dakar. Il aurait également accusé un policier en civil de l’avoir insultée sur la Corniche, avant son interpellation. Le chroniqueur aurait enfin remis en question l’autosaisine du procureur de la République dans ce dossier.
Ces déclarations, qui concernent directement les conditions d’interpellation et de garde à vue de l’influenceuse, seraient au centre des investigations.
La mise en garde à vue intervient après la convocation du chroniqueur, qui avait annoncé sur sa page Facebook devoir se présenter devant les enquêteurs de la Division spéciale de cybersécurité.
À l’issue de son audition, la procédure aurait donc évolué vers une mesure privative de liberté. Les informations disponibles ne permettent toutefois pas d’établir publiquement, à ce stade, l’ensemble des éléments recueillis par les enquêteurs ni les suites judiciaires définitives qui seront réservées au dossier.
L’affaire soulève une question essentielle : lorsqu’un chroniqueur formule publiquement des accusations graves contre les forces de l’ordre, quelles preuves peut-il produire pour étayer ses déclarations ? La liberté d’expression et le rôle de la presse dans le débat public sont fondamentaux, mais ils s’accompagnent d’une exigence de rigueur, particulièrement lorsque les propos mettent en cause des personnes ou des institutions identifiables.
À l’inverse, les allégations concernant les conditions d’une interpellation ou d’une garde à vue ne peuvent être écartées simplement parce qu’elles sont controversées. Si des faits susceptibles de constituer des manquements ont été signalés, ils doivent pouvoir être examinés par les autorités compétentes, sur la base d’éléments vérifiables et dans le respect des droits de toutes les personnes concernées. L’enquête devra donc permettre de distinguer les déclarations effectivement établies, les accusations restant à vérifier et les éventuelles responsabilités.
Cette nouvelle étape intervient dans un contexte déjà sensible autour de Nourah Ba, de son vrai nom Mariama Ba. L’influenceuse fait elle-même l’objet d’une procédure judiciaire liée à des publications sur les réseaux sociaux. La presse a notamment rapporté son interpellation, son passage devant le parquet et un malaise survenu pendant sa garde à vue, qui avait conduit à son évacuation vers l’hôpital Principal de Dakar.
Le dossier prend désormais une dimension supplémentaire avec la garde à vue du chroniqueur. Il met en lumière les tensions entre la parole publique, la responsabilité des professionnels des médias et la nécessité de garantir un traitement rigoureux des accusations visant les institutions. Dans un environnement où les vidéos et les déclarations circulent rapidement, la vérification des faits demeure indispensable pour éviter que les rumeurs ne se substituent aux preuves.
La suite de la procédure dépendra des résultats de l’enquête et des décisions des autorités judiciaires. En attendant, la présomption d’innocence doit être respectée : la garde à vue ne constitue pas une condamnation, pas plus que les accusations rapportées contre les policiers ne peuvent être considérées comme établies sans vérification.
L’enjeu est désormais de faire la lumière sur les déclarations de Momo Cissé, sans préjuger de sa culpabilité ni écarter d’éventuels faits qui mériteraient d’être examinés.
Sunuker News Desk
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