Par Ndiawar Diop — Sunuker.Com
Le différend opposant le journaliste Madiambal Diagne au groupe de presse Wal Fadjri connaît un nouvel épisode. Dans une publication sur le réseau social X, le patron du Groupe Avenir Communication affirme que Cheikh Niass, présenté comme le patron de Walfadjri, aurait pris contact avec son fils, Serigne Saliou, avant de lui adresser un message proposant un arrangement. Une démarche à laquelle Madiambal Diagne dit ne pas avoir donné suite.
« Je n’ai pas répondu à sa demande », explique-t-il, avant de soulever une question qui résume son ressentiment : où était Cheikh Niass lorsque Moustapha Diop refusait, selon lui, de lui donner la parole et que des intervenants continuaient de l’insulter ?
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions entre Madiambal Diagne et plusieurs responsables ou intervenants associés à Walfadjri. Le journaliste reproche notamment à certains de ses contradicteurs des propos qu’il considère comme des insultes, des mensonges et des actes de diffamation.
Le 16 octobre 2026, il avait annoncé avoir engagé une procédure judiciaire contre le député Cheikh Bara Ndiaye, Assane Messere et le groupe Walfadjri. Le lendemain, il affirmait maintenir sa plainte malgré une démarche qu’il attribue à Moustapha Diop, directeur de Walf TV, lequel aurait contacté son avocat, Me Ousmane Thiam, pour exprimer des regrets.
Toutefois, cette version est contestée. Cheikh Bara Ndiaye a publiquement démenti que Moustapha Diop ou Cheikh Niass aient contacté Madiambal Diagne ou son avocat. Les différentes déclarations des protagonistes restent donc à confronter.
Sources : Seneweb, 16–18 octobre 2026 ; publication de Madiambal Diagne sur X.
Au-delà des déclarations contradictoires, cette affaire soulève une interrogation importante sur la responsabilité des dirigeants de médias dans la gestion des débats publics.
Un média a le droit de défendre sa ligne éditoriale et ses collaborateurs. Mais cette liberté ne saurait justifier les insultes personnelles, si celles-ci sont établies. De la même manière, toute personnalité mise en cause doit pouvoir répondre aux accusations qui la concernent, dans le respect des règles professionnelles et du contradictoire.
La question de l’accès à la parole dans les médias est donc centrale. Lorsqu’une personnalité estime être injustement privée de la possibilité de répondre, le désaccord ne peut durablement être réglé par une succession de publications sur les réseaux sociaux.
Il appartient également aux protagonistes de distinguer les critiques politiques, même virulentes, des propos susceptibles de porter atteinte à l’honneur ou à la réputation d’autrui.
L’intervention alléguée auprès du fils de Madiambal Diagne ajoute une dimension personnelle à un conflit déjà public. Une médiation peut contribuer à désamorcer une crise, mais son efficacité dépend de la volonté des parties, de la confiance mutuelle et des conditions dans lesquelles elle est engagée.
En revanche, une proposition d’arrangement ne constitue pas, à elle seule, une reconnaissance de responsabilité. De même, le refus d’une médiation ne permet pas de conclure à la culpabilité de l’une ou l’autre partie.
Si une procédure judiciaire est effectivement engagée, elle devra suivre son cours et permettre l’examen des faits et des preuves.
L’affaire Madiambal Diagne–Walfadjri illustre les difficultés auxquelles se heurte le débat public sénégalais lorsque les différends personnels, les rivalités médiatiques et les procédures judiciaires s’entremêlent.
D’un côté, Madiambal Diagne affirme avoir reçu des propositions de rapprochement qu’il n’a pas souhaité accepter. De l’autre, Cheikh Bara Ndiaye conteste les contacts téléphoniques évoqués dans cette affaire.
À ce stade, il convient de ne pas confondre les déclarations des intéressés avec des faits judiciairement établis. La suite dépendra des éléments que chaque partie sera en mesure de produire et des éventuelles décisions de justice.
Une chose demeure essentielle : dans une démocratie, la liberté de critiquer ne doit pas devenir un permis d’insulter, et le recours à la justice ne doit pas se transformer en instrument de pression. La vérité, elle, ne se décrète pas sur les réseaux sociaux : elle se démontre.
Ndiawar Diop
Sunuker.Com
Déjà déférée au parquet de Dakar en août dernier pour des faits similaires, la femme…
Au Burkina Faso, l’Assemblée législative du Peuple (ALP) a adopté lors de sa plénière d’hier…
Le Mali s’apprête à récupérer 223 œuvres d’art provenant d’une collection privée allemande, dans le…
À la différence de Pape Thiaw et d’Aliou Cissé, Patrick Vieira multiplie les visites dans…
Dans le département de Tivaouane, la grève générale de 72 heures décrétée par le Front…
Après le retrait de Macky Sall de la course au Secrétariat général de l’ONU, des…