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Affaire des billets noirs : « Ce n’est pas lui », l’oncle de Reug Reug revendique les coupures devant les enquêteurs

Affaire des billets noirs : « Ce n’est pas lui », l’oncle de Reug Reug revendique les coupures devant les enquêteurs

Dans l’affaire des « billets noirs » qui secoue le monde de la lutte sénégalaise, les versions se multiplient devant les enquêteurs de la Brigade de recherches de Faidherbe. Alors que Reug Reug conteste avoir eu connaissance du contenu du carton qu’il aurait transporté, son oncle Amadou Bamba Ndiaye, dit « Usine bou Ndangama », aurait revendiqué la propriété des coupures saisies. Une autre personne mise en cause, Diégane Faye alias « Saltigué Dibo », aurait livré une version différente, susceptible d’élargir le champ des investigations.

L’affaire prend désormais une tournure judiciaire. Le lutteur Oumar Kane, plus connu sous le nom de Reug Reug, son oncle Amadou Bamba Ndiaye et Diégane Faye ont été déférés devant le parquet dans le cadre de cette enquête portant sur des « billets noirs ». Selon Seneweb, ils sont notamment poursuivis pour association de malfaiteurs, contrefaçon de signes monétaires ayant cours légal et blanchiment de capitaux. La contrevaleur des coupures saisies est estimée par les enquêteurs à environ 830 millions de francs CFA.

Au cœur du dossier, les enquêteurs de la Brigade de recherches de Faidherbe auraient mis en place une opération d’infiltration après avoir reçu des informations faisant état de personnes cherchant des spécialistes capables de procéder au « lavage » de billets noirs. Deux gendarmes se seraient fait passer pour des techniciens afin d’approcher les suspects et documenter leurs échanges.

C’est dans ce dispositif que les noms de Reug Reug et de son entourage apparaissent.

Selon les éléments rapportés par plusieurs médias, le lutteur aurait reconnu avoir transporté un carton jusqu’à un appartement situé aux Maristes. Mais il aurait affirmé aux enquêteurs que le colis lui avait été remis fermé et qu’il ignorait ce qu’il contenait. Il aurait ensuite remis le carton à son oncle, Amadou Bamba Ndiaye.

Face à cette version, les enquêteurs auraient cherché à déterminer ce que le champion savait réellement de l’opération et quel rôle précis il aurait pu jouer dans les échanges observés lors de l’infiltration.

C’est à ce moment qu’intervient son oncle.

« Ce n’est pas lui »

Amadou Bamba Ndiaye, surnommé « Usine bou Ndangama », aurait adopté devant les enquêteurs une ligne de défense visant à dégager son neveu de toute responsabilité dans la propriété des coupures saisies. Selon les informations rapportées par la presse, il aurait revendiqué la propriété des « billets noirs », en substance : « C’est moi, pas lui. »

Cette déclaration constitue l’une des principales divergences entre les versions recueillies dans le dossier.

Pour les enquêteurs, il s’agit désormais de confronter les déclarations des différents protagonistes aux éléments matériels recueillis pendant l’opération d’infiltration. L’objectif sera notamment de déterminer qui détenait effectivement les coupures, qui les avait transportées et quelles étaient les intentions des personnes présentes lors des rendez-vous.

Car l’affaire ne repose pas uniquement sur les déclarations des suspects. Le récit de l’opération publié par plusieurs médias fait état de rencontres successives à Technopole, puis dans un appartement des Maristes loué pour les besoins de l’infiltration. Les enquêteurs auraient finalement procédé à l’interpellation des protagonistes après l’arrivée d’un important lot de coupures présenté comme destiné à être « lavé ».

Saltigué livre une autre version

Autre personnage central du dossier : Diégane Faye, dit « Saltigué Dibo ». Selon les récits publiés sur l’enquête, son rôle aurait été déterminant dans le dispositif d’infiltration.

Après plusieurs contacts avec les prétendus « techniciens », il aurait notamment remis un premier lot de coupures avant son interpellation. Les enquêteurs auraient ensuite exploité les informations recueillies lors de ses échanges pour remonter vers d’autres personnes susceptibles d’être impliquées dans l’affaire.

Les médias rapportent également que Saltigué aurait évoqué l’existence d’un promoteur évoluant dans les milieux de l’hypisme et de la lutte, présenté comme susceptible d’être lié au circuit des billets. Cette piste ferait partie des éléments susceptibles d’être vérifiés par les enquêteurs. À ce stade, ces accusations demeurent des déclarations rapportées dans le cadre de l’enquête et ne constituent pas une preuve judiciaire établie.

Le dossier pourrait donc ne pas s’arrêter aux trois personnes déjà déférées. Des sources font état d’autres personnes recherchées dans le cadre de la procédure.

Une enquête qui doit désormais dépasser les versions contradictoires

L’un des principaux enjeux de la procédure sera précisément de démêler les responsabilités individuelles. Le fait qu’un suspect revendique la propriété des billets ne suffit pas, à lui seul, à établir juridiquement qu’un autre protagoniste est innocent. De la même manière, une déclaration mettant en cause une tierce personne devra être confrontée aux autres éléments du dossier.

Reug Reug, figure majeure de la lutte sénégalaise, se retrouve ainsi au centre d’une affaire qui dépasse largement le cadre sportif. Les éléments actuellement rapportés par la presse montrent surtout que plusieurs versions s’affrontent et que les enquêteurs cherchent à établir le rôle exact de chacun.

L’ancien champion, qui avait jusque-là construit sa notoriété dans les arènes, doit désormais répondre à des accusations dans un tout autre cadre. Mais juridiquement, les poursuites et les déclarations recueillies au stade de l’enquête ne valent pas condamnation. La détermination des responsabilités relève désormais de la procédure judiciaire.

Après les interpellations et le déferrement du trio devant le parquet, une nouvelle étape s’ouvre donc dans ce dossier. L’enjeu sera de déterminer l’origine des « billets noirs », leurs propriétaires, leur destination et surtout l’étendue exacte du réseau évoqué par certains protagonistes.

Une chose est déjà certaine : derrière les centaines de millions d

James Dillinger

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