SOCIETE / FAITS DIVERS

24 ans après le naufrage du « Joola » : Ziguinchor se souvient, les familles réclament justice et réparations

Ce samedi 26 septembre 2026, la ville de Ziguinchor a abrité la commémoration du vingt-quatrième anniversaire de la tragédie maritime du « Joola ». Près d’un quart de siècle après ce drame survenu le 26 septembre 2002, rescapés et proches de victimes se sont donné rendez-vous au Mémorial Museum pour perpétuer le souvenir des disparus.

Une litanie mémorielle pour briser l’oubli

Au nom de l’Association Nationale des Familles des Victimes et Rescapés du Joola (ANFVR), Sira Gassama a prononcé un vibrant discours. Orpheline depuis l’âge de 11 ans, elle a souligné l’importance de ce rituel de commémoration qui consiste à énumérer publiquement, un par un, les noms des 1 953 âmes emportées par les eaux de l’océan Atlantique.

« Cette lecture des noms des victimes du Joola dure depuis des années. Il ne reste que leurs noms, et nous continuerons d’essayer de combler ce gros vide irréparable, de vivre avec nos morts pour l’éternité », a-t-elle témoigné, rappelant le poids de la douleur intacte 24 ans après ce naufrage qualifié de catastrophe évitable.

Les chiffres poignants du drame

La cérémonie a également été l’occasion de rappeler les statistiques officielles et le visage pluriel de cette tragédie nationale et internationale :

  • Bilan global : 1 953 victimes enregistrées.

  • Répartition par genre : 600 femmes (31 %) et 1 353 hommes (69 %).

  • Jeunesse et éducation : 720 jeunes (37 %), 444 étudiants (23 %), 110 enfants et 27 pensionnaires d’une école de football locale.

  • Impact humain : 1 906 orphelins recensés, touchant 12 régions du Sénégal à travers 17 nationalités différentes.

  • Secours : 551 corps repêchés et seulement 65 rescapés.

Les revendications urgentes des familles

Au-delà du recueillement, l’ANFVR a profité de cette tribune pour interpeller les autorités sur la nécessité de concrétiser des mesures structurelles fortes. L’association formule quatre requêtes majeures :

  • L’officialisation d’une journée nationale dédiée au « Joola ».

  • La mise en place effective d’une direction générale pour le Mémorial Museum.

  • Une prise en charge psychosociale pérenne pour les familles endeuillées et les rescapés.

  • L’insertion sociale des orphelins et des familles touchées.

En clôturant son allocution, Sira Gassama a réaffirmé l’engagement indéfectible des familles à maintenir la mémoire vivante face à un monde qu’elles jugent encore en attente de réponses définitives.


La Rédaction

Ely Birahim KA

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