« La Chine doit arrêter de travailler qu’avec les proches du pouvoir… » Adama Gaye

« La Chine doit arrêter de travailler qu’avec les proches du pouvoir… » Adama Gaye
« La Chine doit arrêter de travailler qu’avec les proches du pouvoir… » Adama Gaye
 SENENEWS- Entretien avec un des pionniers dans la production de réflexions sur la Chinafrique.

Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs? 

Adama Gaye: Je suis un sénégalais, originaire de Kaolack,  ayant pratiqué de longue date le journalisme au départ par formation et par passion de ce métier, avant, par la force des choses, puisque le journalisme mène à tout à condition d’en sortir, de finir par devenir un Consultant en affaires, au service de grands projets sur l’Afrique. Cela dit, étant quelqu’un qui suit de près les questions internationales relatives à l’Afrique, en particulier celles touchant aux liens entre l’Afrique et la Chine ou les questions pétrolières et de sécurité, je suis très impliqué dans le débat public et politique national et africain parce que je pense que tout commence par là. En somme je suis un acteur dans la société de mon pays, et je ne m’interdis rien dès lors que je ne suis pas dans quoi que ce soit de louche…

Il n’est pas rare d’entendre l’appellation spécialiste de la Chine accolée à votre nom. Qu’est-ce que cela englobe comme signification? 

Adama Gaye:(Il sourit et se redresse!) Je la réfute. Vous savez, les caractérisations sommaires sont souvent très dangereuses car vous qui habitez actuellement en chine, vous savez très bien que pour un pays qui a plus de 5000 ans d’histoire, vouloir accepter d’en être un expert, c’est une prétention assez risquée. Et pour ma part, je refuse ce sobriquet. Je ne suis pas un spécialiste de la Chine mais plutôt un étudiant de la Chine. A mon avis, pour connaître ce pays, il faut plus qu’une vie pour avoir un début de prégnance de ce qui forme les dynamiques le concernant. Cela étant dit, il est vrai qu’au pays des aveugles les borgnes sont rois puisqu’il y a très peu d’africains qui suivent au quotidien ce qui s’y passe, je pense avoir une petite idée sur ce qu’elle représente, sur ce qui forme son histoire, son économie, ses transformations et les effets de son interaction ou de son retour sur le continent africain sur le destin de ce dernier.

Il faut dire que vous êtes à ce jour le seul sénégalais à avoir écrit un livre sur ce pays. Cela vous confère dès lors une légitimité en tant qu’analyste, n’est-ce pas? 

Adama Gaye: Evidemment, si on cherche coûte que coûte à avoir une légitimité, le fait d’avoir écrit sur ce sujet et au delà de ce livre, le fait d’avoir passé son temps à apprendre, car j’ai été à John Hopkins University de Washington pour réapprendre pendant au moins un an l’histoire et l’économie de la Chine, avec les meilleurs spécialistes de la question comme David Lampton. J’ai passé une année comme chercheur associé de l’université de Pékin et j’ai été même invité chercheur de l’académie des sciences sociales de Chine. Tout cela en apparence peut donner une forme de légitimité. Cependant, il ne faut pas trop se réfugier derrière pour se donner des atours ou se parer des plumes du paon en s’imaginant qu’on est devenu un expert de la Chine.

A mon avis, il faut toujours à la fois rester sur ses gardes si on a vraiment envie de comprendre les dynamiques à l’oeuvre à l’intérieur de la Chine et ses dynamiques externes vis-à-vis de pays comme les nôtres et dans le contexte global parce que la Chine n’est plus seulement un partenaire du continent africain car sa présence se sent un peu partout dans le monde.  Autant on parle de la relation Afrique-Chine, autant on peut parler de la relation Amérique latine – Chine, Etats-Unis d’Amérique – Chine, Europe-Chine…

Ce pays en réalité a une stratégie globale. Il faut dès lors faire l’effort d’avoir cette compréhension d’ensemble.  Tout cela est le résultat de ce que la Chine a entrepris depuis 1978 c’est-à-dire une stratégie d’ouverture et de modernisation de son économie qui a provoqué des taux de croissance importants qui en ont fait en terme de parité de pouvoir d’achat, la deuxième économie au monde derrière les Etats- Unis. Et ceci lui confère au vu de ses réserves, de sa démographie et de son impact sur l’économie mondiale, un statut à part, de nos jours. Disons donc que quand la Chine s’enrhume, le monde éternue. Ceci est d’autant plus vrai qu’au moment où il y a un ralentissement de l’économie chinoise avec des conséquences pas encore mesurables, on en voit déjà les effets dans l’ensemble du monde avec la baisse de la demande qui entraîne la baisse du prix du pétrole, des matières premières  mais aussi le redéploiement de certaines économies à travers le monde y compris celle des Etats-Unis.

Vous avez écrit votre livre il y a plus d’une décennie. Rétrospectivement, est-ce que les idées que vous y aviez développées sont toujours d’actualité? 

Adama Gaye: Ecoutez, c’est à la suite d’une conférence à laquelle j’assistais à l’université d’Oxford que l’idée d’écrire sur la Chine m’avait traversée l’esprit parce que j’étais alors frappé par ce qu’un universitaire américain expliquait sur l’importance de la stratégie chinoise et du principal promoteur des réformes économiques, Deng Xiao-ping, à savoir que la Chine avait une vision. A l’époque, je m’étais dit qu’il fallait aller faire quelque chose pour montrer l’importance à venir de la Chine et je m’étais empressé de l’écrire pour être le premier sur le marché (l’auteur a publié en 2006 «Chine-Afrique, le dragon et l’autruche» aux Editions L’Harmattan), ce qui me permettait d’avoir une sorte de légitimité. Si c’était à refaire aujourd’hui, il y a beaucoup de choses que j’aurais maintenues comme le fait que la Chine a besoin de l’Afrique stratégiquement et dans le long terme au vu des immenses ressources naturelles de celle-ci mais également au plan diplomatique, dans son combat de réintégration de Taiwan, qui nécessite les voix du continent.

A cela, il faut ajouter le fait que géopolitiquement, le partenariat Chine-Afrique est aussi bénéfique à l’Afrique car cela a redonné des couleurs à un continent qui avait été délaissé avant que la Chine ne revienne vers lui. Et enfin, je pense que j’aurais maintenu le fait que l’Empire du milieu offre à l’Afrique une alternative lui permettant de ne plus avoir un mano-mano avec le monde occidental à travers les politiques néolibérales du consensus de Washington. L’approche étatique qui a produit des résultats en Chine est devenue donc une forme d’alternative aujourd’hui.

Cela dit, si c’était à refaire, j’aurais encore plus mis en garde l’Afrique en disant qu’il faut éviter de penser que la Chine va être le sauveteur du continent africain car elle y vient pour ses intérêts. Il faut avoir conscience que c’est un état capitaliste et parfois qui est plus froid que les pays occidentaux dans son approche. Il faut que l’Afrique ait son propre agenda pour pouvoir mieux négocier avec fermeté en évitant que la relation se réduise en échanges entre états, mais que ça s’ouvre aux forces vives des nations africaines, les sociétés civiles, les gens du secteur privé et en exigeant que dans la chaîne de valeurs, dans le transfert de compétences, dans le transfert des manufactures, que ca se fasse au profit des populations africaines. Au delà des annonces qui semblent faire de la Chine le bailleur de fonds de référence de l’Afrique, il y a le risque réel que la Chine ne soit venue sur le continent que pour profiter de la naiveté et de la faiblesse de la réponse des états africains et on devrait faire attention en devenant beaucoup plus prudent qu’on ne l’a été auparavant.

S’agissant du dernier forum Afrique-Chine, vous semblez insinuer que toutes les décisions qui y ont été prises ne sont pas bénéfiques à l’Afrique, n’est-ce pas? 

Adama Gaye: Ah non! Vous savez, j’étais à ce forum de johannesbourg des 4 et 5 décembre dernier. Je me souviens que lorsque le président Xi Jinping a fait son annonce de 60 milliards de dollars de prêts dont  une grande partie sour forme de dons, et le reste sous forme de prêts bonifiés, la salle a applaudi à tout rompre parce qu’en apparence, cela semblait être facile. Si on compare avec les autres partenaires étrangers étatiques du continent tels que les pays européens ou les Etats-Unis, on est habitué à des annonces financières de plus faible intensité. Un mois plutôt, au sommet de Malte entre l’Europe et l’Afrique, l’UE n’avait proposé que 2 milliards d’euros et cela juste pour contenir les flux d’immigrations. Pis, lorsque Barack Obama est venu en Afrique il y a deux ans, le seul programme qu’il a annoncé est power Africa, pour électrifier l’Afrique et il n’a annoncé que 9 milliards de dollars et principalement destinés à des pays où les Etats-Unis ont des intérêts géostratégiques et surtout ceux regorgeant de ressources naturelles et particulières.

Toutefois, les 60 milliards ne doivent pas faire perdre de vue à l’Afrique le fait qu’il y a plus de 12 ans, quand l’Afrique s’est réunie pour lancer son programme NEPAD, les besoins annuels en investissement du continent avaient été estimés à 70 milliards de dollars. Sur une période décennale, cela aurait fait 700 milliards de dollars. Or, ces 60 milliards annoncés aujourd’hui par la Chine vont principalement aller à des entreprises chinoises, achetant des équipements chinois, avec un risque élevé de mettre le continent sous son joug colonial car certains investissements à travers HUAWEI pour construire des bandes larges d’internet et autres risquent de favoriser un regard sur nos administrations qui peut finir par devenir dangereux pour nous car étant de fait une forme d’espionnage.

A mon avis, il faut absolument redescendre sur terre et comprendre que nous devons nous-même créer nos propres sources financières en interne qui, il faut le souligner, existent dans le continent. De ce fait, les investissements chinois ne seront utilisés que comme levier additionnel. Si nous comptons exclusivement sur la Chine, nous faisons fausse route. Et il nous faut encore retenir la leçon principale qu’elle nous a donnée. En 1978, quand elle commençait la réforme de son économie, le revenu per capita du pays était inférieur à celui de beaucoup d’autres pays africains tels que le Burundi, le Sénégal ou encore le Malawi.

Il faut donc apprendre comment la Chine est arrivée à sortir de la pauvreté et à vaincre des années d’errement dues à la révolution culturelle et au grand bond en avant. Cette leçon une fois comprise nous permettra de pouvoir asseoir des politiques africaines patriotiques, inspirées et appuyées sur des ressources naturelles qui sont notre dividende démographique, en se basant sur une exploitation patriotique de nos ressources naturelles. A mon avis, voici où se trouve notre avenir et il faut que les africains sortent de la vénalité qui les caractérisent dans le rapport avec les partenaires extérieurs dont la Chine afin de pouvoir définir un agenda africain même s’il y en a déjà un qui s’appelle l’agenda 2063 lancé par la commission des nations unies pour l’Afrique en partenariat avec la BAD et l’UA. Je pense qu’il faudrait plutôt une stratégie africaine appropriée par des africains et qui soit au service du continent à long terme.

A vous entendre parler, on dirait que vous êtes du même avis que monsieur Sanusi Lamido, gouverneur de la banque centrale du Nigéria, qui est même allé jusqu’à prédire un péril chinois? 

Adama Gaye: (Il sourit!) Sanusi Lamido en réalité a repris mes thèses. Je crois d’ailleurs savoir qu’il m’a cité. Lui dit que l’Afrique doit se réveiller et regarder en fâce ce dragon qui arrive pour connaître ses intentions et comprendre ses motivations et aussi connaître son histoire. De ce point de vue on est totalement en phase mais je pense que c’est une reprise de mes écrits. Il a certes une image de gouverneur de banque centrale qui lui confère un profil plus élevé mais il a repris ce que d’autres ont fait et dont je pense modestement faire partie.

En tout état de cause, on constate que les instruments financiers se multiplient davantage avec l’établissement de la Nouvelle Banque de Développement à Shanghai, qui d’ailleurs projette de traiter avec des pays africains émergents comme le Kenya et le Nigéria en plus de l’Afrique du Sud. Il y a de surcroît la China Exim Bank qui vient d’ouvrir un second bureau de représentation à Casablanca après celui de Nairobi sans oublier la route de la soie qui inclue l’Afrique dans sa stratégie d’investissement. Finalement, on est tenté de dire que le chien aboie certes mais la caravane passe?

(Il coupe!) Je dirais plutôt que la Chine sait ce qu’elle veut et se donne les moyens d’arriver à ses fins en mettant en place ces institutions, cette stratégie et en associant son leadership au plus haut niveau comme l’atteste la présence de Xi Jinping au Sommet Afrique-Chine et les visites que les dirigeants chinois effectuent au plus haut niveau sur le continent sans compter la présence de sociétés d’Etat sur le sol africain. Cela dit, il faudrait également que l’autruche africaine montre sa capacité et ses propriétés à non pas seulement baisser la tête dans le sable, mais à courir et à gagner la course. A mon avis, c’est ce qu’il nous faut faire.

Au lieu de nous mettre à rêver que la China Exim Bank, la Nouvelle Banque des BRICS et la Nouvelle Banque Asiatique de Développement sont des leviers qui vont contrebalancer le rôle de la Banque Mondiale, je crois qu’il faudrait que l’Afrique, en utilisant son épargne et sa capacité de mobilisation réelle non encore exploitée parvienne à soutenir ses institutions financières internes en particulier la BAD qui a une expertise réelle. Il faudrait qu’il y ait de plus en plus une utilisation du potentiel africain pour s’assurer que dans le dialogue avec la Chine, l’Afrique puisse parler pied à pied avec la Chine et qu’elle se donne également la latitude de dire non comme la Chine l’avait fait à l’époque quand elle avait voulu faire son ouverture. Elle avait alors exigé de ses partenaires un certain nombre de conditionnalités.

Primo, il fallait y avoir un transfert de technologies et deuxio, c’est la Chine qui contrôlerait l’agenda. De la même manière que la Chine leur exigeait cela pour leur ouvrir son marché de 1 350 000 000 d’habitants, aujourd’hui, l’Afrique a un marché intérieur important d’un milliard et qui en deviendra deux en 2050. Elle dispose outre cela de ressources naturelles, d’un dividende démographique, d’une classe moyenne importante qui émerge et tout cela à mon avis fait que l’Afrique doit pouvoir négocier. Il ne faut pas avoir ni peur de négocier ni laisser la barrière culturelle que parfois les chinois utilisent en nous défendant d’agir de la sorte pour ne pas leur faire perdre la fâce. Il faut un respect mutuel pour un bon dialogue car je pense sincèrement qu’on a des intérêts ensemble à long terme et si le cadre est stratégiquement bien défini, ils seront véritablement et non rhétoriquement gagnant-gagnant! Si cela se fait, il n y aura pas de frustration ni de sentiment que la Chine avance pendant que l’Afrique se fait écraser et dominer même si par ailleurs il faut reconnaître qu’il y a certaines choses qui se réalisent comme des ports, des infrastructures routières et ferroviaires qu’elle accepte de financer là ou la Banque Mondiale refusait de le faire catégoriquement; les pays européens n’en n’ont visiblement pas les moyens alors que les Etats-Unis n’en n’ont pas l’appétit car ayant un marché intérieur suffisamment énorme pour ne pas être dans une course vers le bas avec la Chine sur le continent africain. Il faut que nous-même, nous pesions dans le débat.

Récemment, le FMI a déclaré que le yuan était dorénavant inclu dans sa plage monétaire et qu’elle devenait dès lors une monnaie internationale au même titre que le dollar, le pound, l’euro ou encore le yen. Ne risquons-nous pas en tant qu’africains, de vivre un second nazisme monétaire? 

Adama Gaye: Ecoutez, le risque est réel. Mais c’est déjà une bonne chose que les institutions de Bretton Woods comprennent que le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui n’est plus celui de 1945 et qu’il le sera de moins en moins à l’avenir car il y a un basculement économique qui s’opère. En admettant le yuan dans les droits de tirages spéciaux (DTS) du FMI, cette institution commence à se réveiller. Il faut dire qu’il était grand temps. Maintenant, en affaire comme en économie, on ne vous donne une place à la table qu’en fonction de ce que vous représentez.

Tant que l’Afrique continuera à ne représenter que 3% des échanges mondiaux, tant qu’au niveau des IDEs, sa part reste incongrue malgré les 50 milliards de dollars qu’elle reçoit chaque année, selon l’état des matières premières par ailleurs, et enfin, tant que ce continent africain sera perçu comme fragmenté par ses états et non s’appuyant sur une base communautaire continentale solide, l’Afrique continuera d’être à la marge de l’histoire. Je pense que le moment est venu aujourd’hui de faire sauter le pas qualitativement et stratégiquement au continent africain pour qu’il puisse peser sur les institutions nouvelles qui devront apparaître dans le 21ème siècle. Il ne faut pas se mettre à s’accrocher à des places au conseil de sécurité des nations unies d’une ONU qui est rapidement en déshérence mais plutôt s’assurer que l’Afrique pèse sur les institutions économiques et financières telles que l’OMC, la Banque Mondiale ou le FMI réformé. Cela demande une vision et un leadership politique que je ne vois malheureusement pas sur le continent africain aujourd’hui.

A Dakar, il y a eu récemment un nouvel ambassadeur chinois avec le départ de son Excellence monsieur CHA Hua. Quelles sont vos attentes par rapport à lui? Et quels conseils pourriez-vous lui prodiguer pour la réussite de sa tâche? 

Adama Gaye: D’abord, il faut savoir que je me garde de conseiller car les dirigeants chinois ont une feuille de route. Lorsque leurs ambassadeurs viennent, ils savent ce qu’ils sont chargés de faire. Je suis convaincu que cet ambassadeur travaillera sur des fondamentaux que nous connaissons tous, y compris s’appuyer sur le poids diplomatique du Sénégal, son rôle dans le monde francophone, sa présence actuelle au conseil de sécurité de l’ONU comme membre non permanent même s’il faut ajouter que ce n’est pas quelque chose d’extraordinaire. Et enfin, je pense qu’on peut s’attendre à des investissements de la Chine qui essayera de profiter de l’ouverture de certains marchés d’infrastructures au Sénégal notamment ceux portés par le plan Sénégal émergeant. A mon avis, les chinois sont mieux placés que moi pour le faire.

Si j’ai simplement une suggestion à faire, c’est qu’il leur faut faire attention à ne pas insulter l’avenir en étant trop centré sur leur relation avec les états, en ne travaillant qu’avec les proches des gens qui sont au pouvoir, en risquant de tomber dans des pratiques que certains peuvent considérer comme corruptrices, car ceci pourrait créer les conditions d’un retour de bâton parce que dans nos sociétés, il y a une démocratisation et des ambitions de transparence légitimes que les gens ne souhaitent pas voir être remises en question par quelques partenaires extérieurs que ce soient. Il faudrait que la Chine, en ayant des relations avec l’Afrique, devienne un partenaire qui travaille à l’amélioration authentique des intérêts des deux parties plutôt qu’à la promotion d’une relation qui au delà de quelques projets réalisés çà et là, détruise notre société par corruption de quelques autorités ou relation des dirigeants au pouvoir, ce qui risque de détruire le processus démocratique dans nos pays en donnant un avantage à des gens qui ne méritent pas de l’avoir.

Votre dernier mot? 

Adama Gaye: Compte tenu de l’importance que la Chine va avoir  sur le continent africain et dans les affaires du monde, quels que soient par ailleurs les risques de retour du bâton, il est essentiel que nos pays fassent l’effort au delà de l’agenda qu’ils doivent définir, de se former à connaître la Chine et il faut que de plus en plus d’africains soient formés en Chine pour la maîtrise de la langue, la manière de faire des affaires, mais au delà, il faut que nous revenions sur notre continent pour renforcer nos connaissances locales avec notre culture locale, notre expertise locale, nos acquis locaux, notre passé démocratique afin de pouvoir définir cet agenda en ayant une meilleure connaissance de ce partenaire important que nous avons désormais avec nous sans oublier qu’il faut éviter par ailleurs le face-à-fâce qui risque d’être fatal à l’Afrique et c’est pourquoi je dis toujours forum Afrique-Chine et non Chine-Afrique.

Il faut de la même manière que l’Afrique continue de parler à d’autres car nous avons besoin des Etats-Unis, de la Turquie, du Mexique, de l’Argentine, du Brésil, des pays européens comme la France, la Grande Bretagne, l’Allemagne, le Japon, l’Inde. Il faut aussi et surtout que la coopération intra-africaine se développe si nous voulons créer ce levier africain fâce à tous ces acteurs qui commencent à venir vers cette fille africaine, ce continent qui est devenu très attractif du fait des potentiels qu’on lui prête à juste titre et pour diverses raisons.

Entretien réalisé par Alhassane DIO

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