Coupe Davis : Federer champion du monde

Roger Federer sur le toit du monde, dimanche 23 novembre
Roger Federer sur le toit du monde, dimanche 23 novembre
Roger Federer sur le toit du monde, dimanche 23 novembre

Le Suisse a encore enrichi sa légende en offrant à son pays le premier Saladier d’argent de son histoire, après avoir surclassé Richard Gasquet.

Que retirer de cette étrange finale de Coupe Davis, débutée ce vendredi dans un stade lillois de 27.000 places entièrement décoré aux… couleurs suisses et terminée précocement par une victoire sans appel (6-4, 6-2, 6-2) d’un Roger Federer, d’abord blessé puis revenu à son meilleur niveau, celui du joueur qui depuis 15 ans survole sa discipline par sa classe et sa redoutable efficacité ?

Eh bien précisément, naturellement, évidemment, le couronnement du roi Roger, 33 ans, qui en gagnant le seul trophée qui lui manquait, et en offrant son premier Saladier d’argent à la confédération helvétique devient “le plus grand joueur de l’histoire du tennis”dixit l’aimable speaker du stade Pierre-Mauroy. Un Roger, manifestement ému, mais toujours aussi classe, une fois le bandana retiré, et la mèche remise. Meilleur joueur de l’histoire ? “Ouais, ce n’est pas important [mais pas faux non plus ! NDLR]. L’important c’est que les spectateurs aient eu beaucoup de plaisir”.

Les Français comme faire-valoir

Les spectateurs ont pris du plaisir, merci Roger. Mais ils en auraient pris encore plus s’ils avaient pu assister au cinquième match entre Gaël Monfils (mortellement déçu) et Stanislas Wawrinka, le principal artisan de cette victoire helvète, qui, au vu de leur formidable week-end, auraient mérité de clôturer le bal en beauté. Hélas, Federer n’a pas eu cette politesse. Et comme lors des trois précédentes confrontations, le public est resté sur sa faim. Wawrinka avait surclassé Tsonga. Wawrinka – Federer n’avaient pas laissé la moindre chance au double français. Federer avait laissé filer son premier match, le prenant comme un sympathique échauffement. Face à Richard Gasquet, il n’a pas dérogé à son programme : “être ensemble”, “s’amuser”, “proposer du beau tennis” en utilisant les Français comme faire-valoir, et à la fin soulever la coupe tranquillement en tapotant gentiment sur l’épaule de Wawrinka, histoire de rappeler qui est le numéro 1.

Bon, il faut bien avouer que ce scénario n’a pas vraiment surpris. Dès l’annonce de la titularisation de Richard Gasquet en remplacement de Jo-Wilfried Tsonga, leader technique et charismatique, finalement blessé au bras, malgré les vraies-fausses dénégations d’Arnaud Clément la veille (“il fallait bien laisser un peu d’incertitude dans l’esprit des Suisses”, dira le capitaine), les Cassandres s’en donnaient à cœur joie. Richard Gasquet, c’était un bilan de 12 défaites et deux (lointaines) victoires face à Federer. Et lors du double, une attitude pas très gaillarde, tant sur le terrain qu’en conférence de presse, Julien Benneteau s’occupant de répondre aux journalistes, pendant que “Ricky”, en petit garçon malheureux, ne quittait pas le pupitre des yeux.

Gasquet avait rendez-vous avec l’Histoire

Oui mais bon, on fait tout dire aux statistiques. La preuve Gasquet et Federer étaient jusqu’à présent à égalité sur terre battue. Et Ricky l’ex-petit Mozart du tennis, rival de Nadal à l’adolescence, devenu éternel espoir… puis remplaçant de luxe en équipe de France, avait l’occasion en or de sortir le match de sa vie et de donner un autre éclat à une carrière, qui jusqu’à présent n’aura été qu’une suite de rendez-vous manqués.

La fédération  avait tout bien fait pour que la grâce s’empare du Biterrois. Des T-shirts bleus avaient été distribués dans les tribunes pour contrebalancer la désagréable impression visuelle suscitée depuis deux jours par la marée rouge et blanche. Les images du sacre historique de 1991 étaient rediffusées en boucle. Et la crème du sport français – Renaud Lavillénie, Didier Deschamps, Florent Manaudou – exprimait son soutien aux tennismen par grand écran interposé. Le mot de la fin étant laissé aux joueurs de l’équipe de France de handball : “une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne et ça se gagne encore”. Sympa, mais un peu intimidant.

Dès le premier jeu, la rencontre semblait cependant tenir ses promesses. Deux artistes face à face. Des coups maîtrisés, mais des déplacements de chats, des lifts millimétrés, et un premier très long échange de revers remporté avec vaillance par Gasquet. Soyons positifs. Le joueur français aura au moins remporté une victoire : celle du revers. Croisées, long de ligne, décroisées… Il décrocha plusieurs flèches et sortit le plus souvent vainqueur des bras de fer sur son coup-maître.

Gasquet surclassé

Bon pour le karma, mais pas suffisant pour déstabiliser l’homme aux 82 titres ATP. Malheureusement pour Gasquet, le tennis est en effet un sport qui se joue sur tout le terrain, et pas seulement côté gauche, au fond du court. Et dans tous les autres secteurs du jeu – coup droit, service, volée, retour (43 points gagnants !) – Roger Federer a totalement surclassé son adversaire. Deux statistiques suffisent à résumer la rencontre. “Fed” n’a pas subi le moindre passing de tout le match. Et il n’a pas concédé une seule balle de break, passant la vitesse supérieure à chaque fois que le Français venait le titiller.

Contrairement à Tsonga hors sujet face à Wawrinka… et hué lors de la remise des trophées, Gasquet toutefois n’a pas démérité. Ça n’était certes pas Mike Tyson ou Mohamed Ali – plutôt le mime Marceau entre haussements d’épaules, regards navrés et expirations prononcées – mais le garçon s’est battu avec ses armes et de toute sa carrière, il n’aura jamais entendu une foule aussi enthousiaste scander des “Allez Richard” jusqu’au dernier jeu du match. A 1-1, première manche, quand Gasquet se faisait breaker pour la première fois, on se disait même que ce n’était pas mérité. L’impression ne durera de quelques jeux. Mais comment lui en vouloir ? En face de lui, simple mortel, le dieu du tennis, une nouvelle fois, marchait sur l’eau.

Gurvan Le Guellec, envoyé spécial à Lille

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