Fara Diouf, artiste-musicien, sur son contentieux avec l’ancien ministre de Wade : «Farba Senghor oublie qu’il a été condamné, quand il était ministre…

Fara Diouf n’en démord toujours pas. L’artiste-musicien refuse de lâcher Farba Senghor, tant qu’il ne lui paie pas intégralement ses 30 millions de francs. Il y a trois semaines, des commissaires priseurs étaient encore chez Senghor, pour lui «enlever» quelques-uns de ses biens, dont deux véhicules.

Mais Senghor crie au «complot politique» et assure avoir déjà libéré 9 millions au profit du chanteur. Ce que ce dernier a démenti dans cet entretien avec Le Quotidien, appelant l’ancien ministre à la «raison», avant qu’il ne soit trop tard.

Vous étiez encore chez Farba Senghor pour lui prendre des biens. Cela veut dire que le contentieux n’est pas encore vidé ? 

Ce contentieux avec Farba Senghor, vieux de quelques années, n’est pas encore épuisé. A chaque fois, la Justice me donne raison, mais il refuse toujours d’obtempérer.

C’est pour cette raison, qu’on est allé encore saisir ses biens, le 4 septembre dernier, dont deux véhicules. Il a encore jusqu’au 4 octobre pour me payer près de 30 millions de francs, sinon il perdra tous ses biens.

Mais Farba Senghor dit vous avoir déjà payé à hauteur de 9 millions de francs Cfa…

C’est justement pour cette raison que j’avais tenu à envoyer Mohamed Samb, l’ancien responsable des Jeunesses libérales, chez Farba Senghor, pour qu’il me dise à qui il a remis les 9 millions dont il parle. Mais au lieu de me dire à qui il a remis cette fameuse somme, il se mettait à me menacer de mort mystiquement, dans un délai d’un mois.

Si j’ai reçu quelque chose de Farba Senghor, c’était le 7 décembre 2013. On était là-bas pour enlèvement et c’est au moment de procéder à cet enlèvement que l’ancien ministre Samuel Sarr a débarqué pour demander aux commissaires priseurs d’arrêter, parce qu’il va payer au nom de Madame Viviane Wade.

Mais c’est au moment de le faire que le défunt avocat de Farba Senghor, Me Moustapha Diop, a dit qu’ils vont aller en référé en difficulté, avant de proposer de payer la somme en 12 mois d’intervalle. Mais une fois devant le juge, celui-ci a refusé les 12 mois, et a fixé le délai du paiement à 4 mois à compter du 5 janvier 2014.

C’est pour cela que les commissaires priseurs sont retournés chez Farba Senghor, le 5 septembre passé, pour exécuter le mandat de l’enlèvement. Je disais qu’en ce qui me concerne, je n’ai pas pris un seul franc de Farba Senghor, depuis le début de cette affaire. Samuel Sarr, qui était venu pour arranger les choses, n’avait remis que 2 millions de francs aux commissaires priseurs, pour les frais liés à cette opération.

Au fait, vous le poursuivez pour combien exactement ? Parce qu’à notre connaissance, le Tribunal l’avait condamné à vous payer 30 millions ? 

Au début, c’est vrai que le Tribunal l’avait condamné à me payer 30 millions de francs Cfa. Mais entre-temps, il avait fait appel, lequel appel l’avait plutôt arrangé, puisque la somme a été réduite à 10 millions de francs Cfa. Seulement, à cette somme, s’y sont ajoutées des taxes et autres exigences financières vu qu’il a refusé de s’exécuter. Aujourd’hui, l’argent tourne autour de 30 millions de francs encore et c’est de sa faute. Il dit que les deux voitures saisies par les commissaires sont celles de Wade, alors si c’est le cas et si ça ne dépend que de moi, ces véhicules ne seront pas vendus.

Mais lui Farba Senghor va me payer jusqu’au dernier centime, il peut tout faire contre moi, mais j’irai jusqu’au bout et je n’aurai aucun scrupule à tout lui prendre. Il a épuisé tous ses recours au Tribunal, il n’a pas d’autre choix que de me payer mon argent et en intégralité. Comme il m’a promis la mort dans un mois, je préfère venir au journal Le Quotidien, qui est très au fait de cette histoire, pour faire ma dernière sortie (Rires). Avant de mourir, je voudrais que tout le monde soit au courant de ce qui se passe entre nous deux. 

Pourtant, on aurait pu éviter d’en arriver à cette situation, parce que si vous vous rappelez, Farba Senghor avait fait une conférence de presse en 2008, quand j’étais en grève de faim, pour dire que s’il est reconnu coupable, il allait payer sans problème, mais il n’a jamais respecté cette promesse. Alors, il ne doit pas attendre aujourd’hui pour crier au complot politique. Je le dis et je le répète ici, Farba Senghor va me payer et j’ai tout mon temps. S’il veut, chaque mois, on viendra chez lui, pour prendre ses biens jusqu’à épuisement de la dette.

Parlant justement de règlements de comptes politiques, il dit que c’est l’actuel régime qui serait derrière ce qu’il appelle un acharnement contre lui…

Parfois, je ne sais pas si je dois en rire ou pleurer. Au moment où je faisais ma grève de faim, le Pds était au pouvoir et il disait à tout le monde, que ce sont des responsables libéraux qui étaient derrière moi. Aujourd’hui, il dit que c’est le régime actuel qui est derrière moi, alors il faut qu’il arrête. Farba Senghor a été condamné, alors qu’il était ministre au gouvernement de Wade, sa condamnation de 30 millions de francs Cfa a été revue à la baisse, sous le régime de Macky Sall, il ne faut pas qu’il soit de mauvaise foi.

Pouvez-vous nous rappeler l’origine de votre contentieux avec Farba Senghor ?

C’était à la veille de l’élection Présidentielle de 2007. Je voulais mettre sur le marché un single en sérère. La chanson en question louait les mérites de Abdoulaye Wade. Farba Senghor l’a écoutée par l’intermédiaire de Yoro Sarr, qui était son chargé de communication à l’époque, comme il était ministre de l’Agriculture. C’est par la suite qu’il m’a lui-même appelé, pour me demander ce que j’attends de cette chanson ?

Je lui ai dit que je voulais mettre le single sur le marché, mais il me fallait de l’argent pour ça. Farba Senghor m’avait alors mis en rapport avec Talla Diagne (producteur musical), pour qu’il duplique le Cd si l’enregistrement était bien fait. Aussi, m’avait-il promis de me payer, avant de mettre le single à la disposition du public.

A ma grande surprise, Talla Diagne a dupliqué le Cd à 5 000 exemplaires sans mon consentement et sans aucun franc. En plus Farba Senghor me menaçait si je le dénonçais dans la presse. Vous avez vu vous-même que j’ai été emprisonné à Rebeuss pendant 15 jours, j’ai été interné de force dans un asile pendant des semaines, à cause d’une administration zélée, arguant que je suis fou. Tout ça, je l’ai enduré à cause de lui, maintenant l’heure est venue pour qu’il me paie l’intégralité de mon argent.

alyfall@lequotidien.sn

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